Les soeurs du Christ Rédempteur
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1961 : Les débuts à Tambaga (Burkina Faso)

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Les soeurs du Christ Rédempteur

5e épisode

A Tambaga, "l'avenue des Champs Elysées"5e Episode : Nous sommes en 1961. Cinq Soeurs de Rillé viennent d’arriver pour la 1ère fois à Tambaga, à l’est du Burkina Faso, après un long voyage. Les Supérieures de France viennent les visiter...

A travers la préfecture apostolique...

16 novembre 1961
Mgr Chantoux tient à faire visiter sa Préfecture aux Révérendes Mères venues de France et à leur faire toucher du doigt ses immenses besoins apostoliques.
Avec 76430 kilomètres carrés (onze départements français), 360 856 habitants, elle n’a que vingt prêtres !
La première randonnée est pour Fada N’gourma (à 250 kms). Une avenue de grands arbres, les caïcédras aux vastes ramures, introduit dans la capitale du pays Gourmantché. La première visite est pour le divin Maître, dans une simple et pauvre chapelle, cathédrale de Monseigneur. Le palais épiscopal en "banco", c’est-à-dire en briques de terre ne mérite guère plus son nom de "palais". Cependant sa façade, aux couleurs éclatantes, le rend accueillant. A l’intérieur, le strict nécessaire.

Le petit Séminaire, dont Monseigneur a amorcé la construction et l’aménagement avec les seules ressources de la Providence, abrite vingt cinq petits séminaristes qui y font leur 6e.

Au Palais épiscopal se rattache une sorte de coopérative qui sert d’entrepôt pour les besoins des Missions de la Préfecture. Trois silos en ciment contiennent les réserves de mil et de riz…

18 novembre
Nous voici à Piéla où le Père Collerie et le Père Ménard s’emploient depuis 3 ans seulement à la formation rurale des jeunes, et surtout, à celle de catéchistes qui y font un stage de six ou sept mois, en même temps qu’ils s’initient à la culture du mil, du tabac, des légumes… et à divers travaux de bricolage.

Le stage terminé, ils rentrent chez eux et, à leur tour, en accord avec les Pères, font l’évangélisation de leur milieu. Ces catéchistes sont des collaborateurs indispensables des missionnaires qui les visitent régulièrement. Quand ils sont mariés, leurs femmes suivent elles aussi les cours de religion pour devenir catéchistes dans leur concession. Pour elles, il faut souhaiter la venue prochaine de Sœurs qui devront leur donner des notions d’hygiène, de puériculture, et les former aux travaux d’intérieur…

Une surprise se prépare à Piéla : La promesse de Religieuses pour l’an prochain, annoncée à la Messe, s’est répandue comme une traînée de poudre et ce soir, tout le village attend les Bonnes Mères.
Dans la concession des catéchistes, une "veillée " a été programmée en secret.

Le discours d’entrée par François Lankoadé, catéchiste, dit, aux intentions des Bonnes Mères, la joie et la reconnaissance de ces gens simples qui aspirent à sortir de leur misère :
"…Soyez les bienvenues dans ce pays de Piéla… Je suis chrétien, j’ai des camarades qui sont chrétiens ; nous avons eu la Lumière du Christ, mais il nous manque quelque chose…
À Piéla, nous avons besoin des Sœurs. Nous voulons des Soeurs parce que nous voulons que les jeunes filles apprennent à travailler, nous voulons que nos femmes connaissent la couture. Nous voulons que nos cases soient belles et propres ; aussi, nous sommes contents parce que vous nous apportez l’espérance.
Ma révérende Mère, mes Sœurs, nous vous remercions d’avoir pensé à nous".

Suivent saynètes, tam-tam, chants, danses exécutés par les catéchistes. On réserve pour la fin le clou de la soirée, la dégustation du "méchoui", signe de la grande réjouissance. Les danses dureraient une partie de la nuit si le Père Ménard n’arrêtait l’élan donné. La nuit est maintenant bien tombée.

Le lundi 20 novembre, c’est le retour à Tambaga en compagnie du Père Lucas. En cinq jours, les révérendes Mères ont parcouru toute la Préfecture Apostolique. Mgr Chantoux avait tout prévu, tout organisé, alerté les Maisons religieuses qui leur ont réservé la plus cordiale et fraternelle hospitalité.

Tambaga compte une centaine de chrétiens et 250 catéchumènes. À Noël, une douzaine de catéchumènes vont devenir enfants de Dieu. Les cérémonies du Baptême pour ces adultes, conscients de leur engagement, revêtent un caractère de grande solennité.

Avec ce retour des Bonnes Mères, il semble que les Sœurs de la Mission pourront jouir paisiblement de leur présence tant désirée.
Mais il faut maintenant préparer en hâte une autre visite. Le Chef de l’État, Président de la République, parcourt le pays. Diapaga doit le recevoir dans la matinée du 24 novembre et une délégation de Tambaga assistera à la réception. Nous sommes à mardi et il faut exercer les enfants, costumer les Scouts, fabriquer des ensembles aux couleurs de la R.D.A. (Rassemblement Démocratique Africain) pour garçons et filles. Dès mercredi soir, un camion doit venir chercher les délégués pour la répétition générale avec les enfants des autres villages. 70 garçons s’engouffrent dans le véhicule… pour la première fois de leur vie.
À leur intention, Mr le Commandant a envoyé ses chasseurs en brousse où ils ont abattu deux damalisques (sorte de cheval : poids moyen 250 Kg) : demain ces petits Africains se régaleront...

24 novembre
Vers 9 heures, l’avion présidentiel atterrit. Sur le passage du Président et des Ministres, des Africains, dans leurs tenues aux couleurs vives, de nombreux cavaliers aux montures carapaçonnées, forment une haie d’honneur. Une grande foule est massée sur une vaste place, ombragée de beaux et vieux arbres aux ramures épaisses.
Bientôt, le Président et ses Ministres, Le P. Chauvin, vice-provincial des Rédemptoristes en Haute-Volta, les Révérendes Mères de France, prennent place à la tribune d’honneur, parée aux couleurs de la Haute-Volta : noir, blanc, rouge, (couleur des trois " Volta "). Le tam-tam met l’ambiance et tous les enfants du secteur chantent l’hymne national ; les scouts exécutent quelques pyramides avec déploiement du drapeau, puis les jeunes de Tambaga jouent l’hymne national au pipeau, à la grande satisfaction du Commandant et surtout du Chef de l’État.

"Radio" est là et enregistre ce petit concert qui est diffusé dès le midi, ainsi que les différents discours, notamment celui du Président de la République :
" … Tant que durera l’esclavage de la jeune fille et de la femme, qui est une aberration, nous ne serons pas vraiment libres. Soucieux de mettre un terme à ces coutumes, je me propose de faire voter des lois pour l’amélioration du sort de la femme".

Spectacle saisissant qui réunit pour quelques heures les deux extrêmes : ces hommes d’État soigneusement costumés à l’européenne et cette multitude sommairement vêtue.
Pourtant la réception terminée, la foule s’écoule, heureuse...

Après le retour des Révérendes Mères en France, Tambaga va retrouver son habituelle physionomie : chacune va reprendre son labeur quotidien. Sr Léonie de Jésus (Néerlandaise) qui en est à ses premières armes au pays Gourmantché, a commencé sans tarder sa vie de missionnaire, tantôt en compagnie de Sr Maria, au dispensaire, tantôt avec Sr St Vincent à la cuisine, à la lessive, au repassage : il est bon d’avoir plusieurs cordes à son arc dans un poste de mission.

Les 5 premières Soeurs de Rillé à Tambaga

Extraits du Courrier Missionnaire, Rillé - Fougères, 1961

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Voir :
épisode 1
épisode 2
épisode 3
épisode 4
épisode 6

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Parole du jour - 23 août 2017

Il est impossible d’accepter que l’œuvre d’évangélisation néglige les questions concernant la justice, la libération, le développement de la paix dans le monde (Paul VI, Evangelii nuntiandi)
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