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A la prison de Fada : "Si jamais il m’arrivait..."

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Sr Geneviève« Si jamais il m’arrivait (à moi, à vous...) d’être incarcéré ! Notre regard sur la prison et les détenus changerait sans doute ». C’est ainsi que le Juge d’Application des Peines a terminé son allocution lors des 3 jours de “Portes ouvertes” à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Fada N’Gourma (Burkina Faso).
Personne, en effet, n’est à l’abri d’un problème, et ça peut coûter très cher. A la prison de Fada construite pour 100 personnes, ils sont parfois jusqu’à 350. C’est dire la promiscuité, la souffrance et la colère qui peut bouillonner dans certains cœurs, surtout de ceux qui sont là pour pas grand-chose ou parfois par erreur !

Le directeur actuel, très dynamique, très bon et coopérant, a initié, avec une équipe, 3 journées de portes ouvertes avec ce thème “Lever les préjugés sur la prison”. Cette expérience est une première à Fada. Pendant ces 72 h, tout le monde a pu visiter l’intérieur de la MAC et de nombreuses activités ont été organisées : théâtre, danses par des détenus et des groupes de l’extérieur, musique, artisanat, jeux, séance aérobic, consultations juridiques, consultations sanitaires, sport etc… Ce fut une réussite.

Les femmes de l'aumônerie et la marmite de rizA la MAC, il y a beaucoup d’intervenants : les Musulmans viennent tous les vendredis pour la prière, les Protestants le dimanche et les Catholiques le samedi. Pendant des années, j’ai assuré la catéchèse tous les samedis, mais j’ai passé le flambeau à Xavier qui s’en tire très bien. L’aumônier vient célébrer une messe une fois par mois. Nous sommes une douzaine dans l’équipe de l’aumônerie et lors des grandes fêtes nous faisons vraiment la fête pour les détenus. Ainsi, à Noël, l’évêque est venu célébrer le matin du 25 décembre, pendant que le groupe des femmes de l’aumônerie, levées dès 4 h du matin, préparait un très bon repas pour tout le monde : 125 kgs de riz, une immense marmitée de sauce et un bœuf tout entier (dépecé la veille). Quelle joie pour ces détenus de goûter à la viande qu’ils ne mangent jamais ! Et quel courage pour ces femmes qui ont accepté de laisser la maison et la famille pour donner de la joie à des détenus !

Il existe aussi une « Commission d’application des peines » à laquelle je participe chaque mois. Là, nous essayons de libérer des détenus qui remplissent les conditions requises ou de les mettre au travail à l’extérieur, en semi-liberté. Chaque fois un certain nombre en bénéficient.

Nous avons aussi relancé l’association « Prisonniers sans frontières ». Onze personnes ont accepté de constituer l’équipe de base, appelée “équipe terrain”. Cette association, financée par l’UE, pourra travailler à l’amélioration des conditions de vie des détenus et lutter contre l’oisiveté qui est une souffrance pour tous les prisonniers. Ainsi nous pourrons les faire travailler et travailler avec eux dans des ateliers : savonnerie, couture, alphabétisation, détente, élevage, culture (la MAC a une ferme de 12 ha), jardinage, artisanat, musique, danse, sport etc… Dans notre équipe, il y a justement un ingénieur agronome, un couturier, des enseignants, un artiste, des commerçants etc...

Monseigneur MALGO, avec le P. Germain, aumônier (à sa droite), le Directeur (à sa gauche) et du personnel de la prison Depuis 23 ans je fréquente la prison. Pourquoi ? Parce que la compassion habite mon cœur. J’ai eu tellement plus de chance que la plupart de ces prisonniers. Parmi eux, certains n’ont pas de parents, n’ont pas eu d’éducation, ont crevé de faim, ne sont jamais allés à l’école, ont été entrainés par des copains, n’ont jamais connu d’affection, bref, la vie ne les a pas gâtés et ils sont tombés. ! Je ne dis pas que j’approuve leurs méfaits mais j’essaie de comprendre et de compatir. Qu’aurais-je fait à leur place ? Jésus n’est-il pas plein de miséricorde et de compassion !

Témoignage de Sr Geneviève J., SCR, Fada N’Gourma (Burkina Faso)

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« J’ai tout en Dieu. En lui je me repose. Qu’ai-je à désirer autre chose ? » (Chant P. Le Taillandier)
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