Les soeurs du Christ Rédempteur
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Accueil à la communauté

Les soeurs du Christ Rédempteur

Nous sommes une communauté de trois sœurs à la retraite habitant dans un quartier plutôt résidentiel à Asnières. Et cependant, la périphérie s’est approchée de nous d’elle-même. Sensibles que nous sommes aux questions de pauvreté, de marginalisation, nous ouvrons notre maison. L’hospitalité dans la bible est toujours bénie de Dieu.

Rachida, Algérienne, s’obstine à poursuivre des études universitaires. En relation avec Marie-Thérèse depuis longtemps, elle demande un hébergement d’urgence, se satisfait d’un minimum que nous lui offrons. Lors de ses derniers séjours, par intermittence pendant deux ans, Rachida nous partage son secret de famille qui la fait souffrir et la sépare de ses frères et sœurs. Son dénuement, sa solitude, sa sérénité, son courage nous ont impressionnées. Un de ses frères à sa recherche envoie un message téléphonique à la communauté. Bouleversée d’être retrouvée, Rachida décide de nous quitter.

Est pris celui qui croyait prendre ! François, Sénégalais, est hébergé à quelques pas de chez nous dans la famille de son frère. Nous l’avons rencontré, écouté lors de nos allées et venues. Il nous confie ses nuits sans sommeil, son errance dans la journée, son désarroi. Ayant perçu sa détresse et aussi le sérieux de sa vie, de sa foi, nous lui proposons une chambre. Il arrive donc à la maison. Espérant le statut de réfugié, il fait des démarches et nous l’accompagnons. Que de temps passé, d’espoir et de déceptions partagés !
Sa présence à la communauté ne peut être que provisoire. Nous cherchons avec lui d’autres lieux d’hébergement mais en vain. Constituer - autour de François - un petit groupe de réflexion s’impose. Pierre, responsable du Secours Catholique, est partie prenante.
François trouve une formation d’auxiliaire de vie par correspondance financée par le Secours Catholique. De plus, des services d’aide à la personne lui apportent quelques subsides. Très relationnel, François s’intègre dans des associations caritatives qui l’aident à vivre. Actuellement il vit en couple et continue de nous rendre visite. Il reste pour nous un frère.

Moments d'amitié partagée En mai 2014, une jeune femme haïtienne, engagée en politique au côté du Président de la République Dominicaine, arrive pour un colloque à Paris. Elle reçoit l’annonce d’une menace sérieuse à son endroit, doit renoncer à repartir dans son pays. Coup dur pour Magda qui est contrainte de demander le statut de réfugiée politique.
La responsable du Secours Catholique nous sollicite pour l’accueillir en urgence. Devant cette situation de détresse et en lien avec nos responsables de congrégation, nous ouvrons notre porte à Magda. Peu à peu nous apprenons à la connaître et comprenons que cet événement est pour elle un véritable tsunami. Magda choisit cependant de préparer un Master 2 en politique. Dans le même temps, elle gère courageusement sa demande de réfugiée politique et l’obtient rapidement. Aujourd’hui, elle est salariée d’un poste d’agent administratif dans un EHPAD et vit dans un studio. Elle ne cesse de rendre grâce à Dieu « qui n’abandonne jamais ses enfants » dit-elle.

Ces compagnonnages nous gratifient de jeunesse, d’échanges culturels enrichissants. Nous nous émerveillons de voir ces jeunes s’engager dans des associations caritatives, comme par un besoin de servir pour garder le goût de vivre et d’oublier un moment leurs propres conditions. Ils s’en trouvent grandis et enrichis de nouvelles relations dont nous sommes aussi les bénéficiaires. Belle jeunesse qui, dans le dénuement, arrive au dépassement d’elle-même.

Ensemble en communauté, nous apprenons le détachement pour laisser place à l’autre, le laisser partir et revenir. Dans la durée, accepter que l’autre soit “l’un de nous” dans la vie quotidienne ; pour nous trois, c’est un travail sur soi à consentir. Nous sommes témoins convaincues que la foi, la prière, la confiance et l’amitié permettent de telles traversées.

Laisse ta porte ouverte à qui veut bien entrer. Laisse à chacun sa liberté !

Témoignage de Léone, Marie-Thérèse et Marie-Louise, SCR, Asnières
Recueilli par Sr Madeleine R.