Les soeurs du Christ Rédempteur
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C’est merveilleux une main !

Les soeurs du Christ Rédempteur

Une main

C’est elle qui accueille le nouveau-né.
Elle peut le prendre, le caresser.
Elle tient celle d’un enfant
pour le conduire à l’école.
C’est elle qui calme et réchauffe,
essuie les larmes
et applaudit chaque progrès.
C’est merveilleux une main !

Elle dit bonjour au voisin,
serre ceux qu’on aime bien,
écrit à ceux qui sont loin.

Détail d'une œuvre de Arcabas Elle peut prendre celle
du malade qui souffre,
et surtout tenir celle
de celui qui désespère.
Elle ferme les yeux
de celui qui s’en va vers Dieu.
C’est merveilleux une main !

Elle peut dessiner, peindre, sculpter,
composer de jolis bouquets,
tourner les pages d’un livre,
jouer de la musique
et applaudir de plaisir.
C’est merveilleux une main !

Elle cuisine et donne à manger,
elle t’habille et te fait belle.
Elle relève celui qui est tombé.
Elle ouvre et ferme les portes,
donne la lumière, éteint la bougie.
C’est merveilleux une main !

Elle se tend pour prendre et donner,
elle dialogue avec le malentendant,
elle conduit le malvoyant.
Elle dirige les machines,
elle communique avec l’animal.
C’est merveilleux une main !

Elle est geste d’amour et d’amitié,
de réunion ou de séparation,
de bienvenue ou de refus.
C’est elle qui soigne et qui guérit,
c’est elle qui prie et qui supplie,
c’est avec elle qu’on communie.
C’est merveilleux une main !

C’est beau, ça bouge bien,
on peut la ganter ou la parer.
On aime sa simple douceur,
qu’elle soit blanche ou de couleur,
les marques de celle du travailleur.
C’est merveilleux une main !

Qu’elle soit blessée, atrophiée,
une main, même estropiée,
a toujours quelque chose à donner.
C’est grâce à un doigt,
d’une main à peine valide,
d’un corps tout handicapé,
que j’ai pu écrire ceci.

C’est merveilleux une main !

Nous sommes tous dans la main de Dieu !

Signé : Anita

Ce poème a été lu au cours des obsèques de Anita, le 8 janvier 2011. Elle avait 67 ans ; soixante-sept années marquées par un handicap très sévère qu’elle a courageusement assumé. Plusieurs religieuses de notre Congrégation ont accompagné Anita durant des années, que ce soit dans la joie d’une visite amicale, ou pour lui apporter la communion qu’elle désirait ardemment. Elle s’était engagée dans un Institut de Vie Consacrée. Dans ses diverses relations, on pouvait se demander qui apportait quelque chose de vivifiant à l’autre. Ses poèmes - le talent qu’elle se reconnaissait et qu’elle aimait exercer - lui donnaient l’occasion de réels partages.

"Qu’elle soit blessée, atrophiée, une main - même estropiée - a toujours quelque chose à donner".
Merci Anita.

Sr Anne M., SCR.