Les soeurs du Christ Rédempteur
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Dieu est juste parce que...

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Les soeurs du Christ Rédempteur

"Dieu va me demander des comptes, je ne suis pas en règle. Que deviendrai-je quand je comparaîtrai devant lui ?".

À cette question, j’ai envie de répondre : "Si les choses se présentent ainsi, vous êtes en bien mauvaise situation. Personne ne peut prétendre être en règle avec Dieu. Avec lui, nos comptes sont toujours déficitaires. Qui peut penser mériter l’amour de Dieu et se croire digne de la vie éternelle qui consiste à lui être uni et à vivre de sa vie ?"

Il ne faut pas imaginer Dieu siégeant à un tribunal pour faire le tri entre ceux qui iront au ciel (au besoin après un passage au purgatoire) et ceux qui seront précipités en enfer. Cette image est indigne de Dieu et l’on peut regretter la place qu’elle a tenue dans l’art et la prédication chrétienne.

Est-ce à dire que, concernant notre relation à Dieu, les mots "justice" et "jugement" sont à exclure ? Non : ce serait ignorer des pans entiers de la tradition biblique et évangélique. Mais la façon dont nous les comprenons habituellement a besoin d’être sérieusement corrigée :

Dieu est juste parce que, vis-à-vis de lui-même comme vis-à-vis des autres, il agit toujours selon ce qui convient. Sa justice est avant tout fidélité à l’Alliance. Elle a pour but de libérer et de sauver. Cette justice ne s’oppose pas à la miséricorde. En offrant son pardon aux pécheurs, Dieu les rend justes, c’est à dire ajustés à lui. Ce n’est pas un dû. Venant de Dieu, tout est grâce, c’est à dire don gratuit. Reste à l’homme à accueillir ce don en ouvrant son propre coeur au pardon.

La justice de Dieu s’exerce aussi quand il protège le faible contre le fort. Dans la Bible, nous voyons Israël attendre avec impatience le Règne de Dieu parce que le vrai roi est de droit le défenseur des petits, de ceux qui sont sans défense : "Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux ! Qu’il sauve les pauvres gens, qu’il écrase l’oppresseur ! Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours" (Psaume 72).

Alors, pourquoi parle-t-on de jugement ? Tout simplement parce que, si la distinction entre le bien et le mal est abolie, tout retourne au chaos. Les sociétés humaines en font l’expérience : quand elles sont dominées par le mensonge et l’injustice, elles se détruisent de l’intérieur. Il faut que justice soit rendue pour que l’on puisse reconstruire.

Il en va de même dans notre relation à Dieu. Nos vies, et l’histoire humaine tout entière, sont appelées à s’accomplir dans la justice et la vérité. Même s’il est infiniment miséricordieux et si sa générosité est sans mesure, Dieu ne fait aucune concession au mal. Toute véritable rencontre de Dieu est inséparablement jugement et salut. En nous arrachant au mal, elle nous fait renaître à une vie nouvelle.

Au commencement, Dieu a séparé la lumière et les ténèbres. Au terme de nos vies terrestres comme au terme de l’histoire, il séparera le bon grain et l’ivraie. Bien compris, le jugement de Dieu est une nouvelle création.

Soeur Christiane Hourticq, Auxiliatrice
(La Croix du 30 juin 2007)