Les soeurs du Christ Rédempteur
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Ecologie et Vie Religieuse

Les soeurs du Christ Rédempteur

A la demande de la Congrégation, le P. Jean-Yves Baziou a bien voulu venir animer 2 journées successives à la Maison-Mère de Rillé-Fougères, les 7 et 8 avril 09, sur le thème « Ecologie et Vie Religieuse ».
Au total, 240 Sœurs du Christ Rédempteur ont bénéficié de l’éclairage de ses interventions.

Ces dernières se sont situées au milieu d’un parcours d’année en Congrégation où Sœurs et Communautés avaient été invitées à approfondir le sujet :

« Prendre notre juste place dans les combats de l’aujourd’hui : … respect de la planète, économie solidaire, lutte contre le gaspillage. Dieu a besoin de nous pour être témoins de sa Justice ». Intervention du P. Baziou à Rillé-Fougères

Le P. Baziou nous a d’abord éveillées au fait que l’écologie (étymologiquement : science de l’habitat, de la maison) ne date pas d’aujourd’hui. C’était déjà une préoccupation chez quelques-uns au 19e siècle…
Aujourd’hui cependant, nous sommes les 1ers à être menacés par 2 catastrophes « globales » : nucléaire et écologique. Celles-ci nous font prendre conscience que c’est l’homme qui peut détruire l’homme. En faisant violence à la nature, à l’animal, au végétal, l’homme se fait violence à lui-même.

Il a ensuite développé l’idée que la Vie Religieuse, avec ses 3 voeux, promeut un certain style de relations avec la nature, avec le monde :

Une distance du monde, mais pas une fuite de la nature… Le moine fait « un pas de côté » par rapport à la société, pour vivre une radicalité évangélique. Il fait un travail de connaissance de soi, de manière à se convertir pour aller vers Dieu.

La chasteté ou l’honneur du corps :

Le corps, c’est la nature en nous. Nous sommes habités par la nature. Nous sommes greffés sur la totalité cosmique. Nous réconcilier avec la nature, c’est nous réconcilier avec notre corps. Dans la crise écologique, il y a une revendication massive du droit du corps à être autre chose qu’un moyen, une chose, un outil de rendement.

La chasteté : une manière de vivre son corps-nature, avec ses potentialités et ses limites. Ce n’est pas un déni du corps, mais un appel à l’honneur du corps, à la connaissance du corps.
Mais le corps-nature ne suffit pas. Il a besoin d’être éduqué.

Le corps-nature, c’est aussi un corps de relation avec autrui, avec l’Autre, avec l’altérité de la nature.

La Pauvreté religieuse, donc évangélique :

c’est un art de la distance, de la critique par rapport à une relation de possession. Elle permet de garder les mains ouvertes, de laisser la créature libre, spontanée.

Il y a une frugalité, une modération, un équilibre de la Vie Religieuse qui est signe d’une harmonie avec la nature, d’une communion prophétique avec les générations à venir.

La pauvreté religieuse est prophétique aussi dans son mode de gestion des richesses : mise en commun et décision ensemble.
Elle ne suit pas la logique du profit maximum, de la consommation effénée, mais ses critères sont d’ordre évangélique, pastoral, mystique…

L’obéissance :

Articuler la seigneurie de la nature avec la protection de la nature.
Sauvegarder la nature, c’est sauvegarder la relation entre les êtres. C’est
aussi penser le travail autrement que comme une domination. C’est se préoccuper de la fragilité de la nature. Gn 1, 24 (le 7e jour) indique la limite de l’agir puissant. Le repos a un sens en lui-même : il invite à être plus fort que le travail, à se détacher, à ne pas être écrasé par ce qu’on fait, à partager la vie de Dieu. C’est tout l’art de se mettre à sa propre écoute, à l’écoute de ce pour quoi on existe.

L’obéissance religieuse est l’occasion de se mettre à l’écoute de l’autre possible. L’homme n’est pas fatalement entraîné vers le pire. L’aujourd’hui est ouvert à un avenir, à un accomplissement.

Avoir l’audace de commencer quelque chose (ce qu’ont fait nos Fondateurs), en croyant que toute personne a des "capabilités". Y croire et en être signe aujourd’hui dans le monde tel qu’il est. Cela peut demander une réconciliation avec ce que nous sommes chacun.

Etre libre, c’est aussi être capable d’interrompre une mécanique en cours, des processus mortifères.

Comment allons-nous habiter la terre d’une nouvelle manière ? Intervention du P. Baziou à Rillé-Fougères

Sr Hélène R. , SCR, Fougères (35)