Les soeurs du Christ Rédempteur
Des religieuses apostoliques Origines et Histoire Notre spiritualité Où sommes-nous ? Devenir sœur du Christ Rédempteur Avec les laïcs La main de Anne Boivent sur l'Evangile selon saint Matthieu
Les soeurs du Christ Rédempteur
menu

Parole d’une laïque, intervenante au Chapitre

Accueil > Avec les laïcs > Notre charisme : un trésor qui se partage... > Parole d’une laïque, intervenante au Chapitre

Les soeurs du Christ Rédempteur

« Pourquoi suis-je avec vous aujourd’hui ? On m’a demandé, et j’ai accepté, d’évoquer mon parcours récent avec Rillé (les Sœurs du Christ Rédempteur).

J’ai reçu de certaines personnes - mon frère, mes fils, une Religieuse au cours de mes rencontres - une écoute bienveillante alors que j’étais dans la tristesse ; je venais de perdre mon mari. Il n’est pas facile, dans ces moments, de penser aux autres, préoccupé qu’on est de son propre malheur.

C’est grâce à tous ceux qui m’ont aidée que j’ai pu, à mon tour, « voir » les autres et orienter mon activité pour les aider et servir. Cela s’est présenté sous la forme d’une demande d’aide pour apprendre à lire et à écrire à une jeune adulte analphabète.

J’avais proposé ce service 2 ans avant le décès de mon mari, mais la personne concernée n’était pas tout à fait prête à entrer dans ce travail. C’est après la mort de mon mari que la personne s’est décidée. Je n’y pensais plus. J’ai cependant accepté, parce que je me sentais liée par mon offre de service… Mais je dois avouer que j’ai soudain réalisé ce que cela impliquait.

Je veux bien donner un peu, mais pas trop.
Je veux bien être dérangée un peu, mais pas trop.
Dire « oui », c’est tout le contraire : bouleverser mes habitudes, être disponible toutes les semaines, et avec des horaires différents.

J’ai aussi beaucoup hésité sur le lieu où se passerait le cours. J’ai cherché un local pour me mettre en retrait, au cas où je me désengagerais. J’ai même demandé à la sœur que je rencontrais si je pouvais le faire à Rillé.
Et j’ai finalement décidé de la recevoir chez moi.

J’ai vécu plus qu’une simple transmission du savoir.
J’ai donné et j’ai beaucoup reçu.
J’ai compris que le plus important, dans la vie, ce sont les rencontres ; qu’il n’y a pas de hasard, mais des SIGNES ou des APPELS qu’on peut voir, entendre ou bien ignorer.

Par la suite, j’ai beaucoup échangé avec cette Religieuse à ce sujet. C’était au cours de rencontres régulières, dont le but n’était pas précisément un approfondissement spirituel mais un apprentissage d’une activité qui me plaisait.
Alors, insensiblement, à partir d’échanges et de conversations ordinaires, elle m’a fait partager ce qui la fait vivre. J’ai ainsi découvert que sa vie religieuse était riche d’enseignements, et surtout axée sur l’Evangile, au cœur de sa vie.

Une chose m’a particulièrement marquée, au cours de ces discussions : c’est l’explication du mot « Justice », en relation avec la Mère Fondatrice. Pour moi, il n’évoquait pas grand-chose, sinon la rigueur, l’austérité. Mon étonnement passé, l’explication donnée a été une sorte de révélation :

La justice, ou plutôt la « justesse », l’ajustement pour correspondre à Dieu.

Michel-Ange : La Création. La Chapelle-SixtineL’image utilisée par cette Religieuse – Michel-Ange : la Création d’Adam, dans la Chapelle Sixtine – m’a beaucoup impressionnée. Le doigt de Dieu correspond juste au doigt d’Adam…

Quand c’est « juste », il y a harmonie, il y a paix.
La justice, dans ce sens, est aussi au cœur de nos relations avec les autres dans la compréhension et la bienveillance. En un mot, dans la Charité. C’est ce qu’on retrouve dans l’Evangile.

Maintenant, quand j’entends ou vois les mots « justice – juste », ils ont une autre résonance.

A travers ces quelques mots, vous comprendrez que nous - Laïcs - j’en ai rencontré quelques-uns avant de venir vous parler – apprécions votre témoignage et avons besoin de vous.

Dans une société
- où on mise sur l’argent : vous nous rappelez le détachement.
- où on accorde de l’importance à l’apparence : vous nous aidez
à nous recentrer sur l’essentiel = être et non paraître.
- où on pratique l’activisme : vous nous montrez qu’il faut savoir s’arrêter pour prendre le temps de réfléchir, de prier.

Ce que nous attendons de vous, c’est une façon nouvelle de lire l’Evangile pour qu’il transforme notre vie ; et que vous nous entraîniez dans la prière et le service des plus démunis.

Merci de m’avoir donné la parole.
Merci de votre exemple et de nous permettre de partager ce qui vous fait vivre ».

Partage entre LaïcsMarie Montembault, Fougères (35).