Les soeurs du Christ Rédempteur
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Piéla : arrivée des 1ères Soeurs (épisode 3)

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Les soeurs du Christ Rédempteur

Nous sommes en 1962. Cinq Soeurs du Christ Rédempteur sont arrivées depuis un an à Tambaga, à l’est du Burkina Faso. Quatre autres soeurs ont été envoyées pour une 2e fondation... à Piéla.

19 novembre 1962

Grâce à Mgr Chantoux, nous sommes en possession de la plus grande partie de nos bagages, en parfait état. Déjà, la plupart des caisses sont devenues étagères ou placards. Sr Alphonse a bien aménagé sa petite cuisine avec table et placard de sa fabrication. C’est la vraie missionnaire, active, ingénieuse, qui fait flèche de tout bois ! Au réfectoire, nous rangeons la vaisselle sur une étagère ; la table n’a pas de pieds : une caisse en tient lieu en attendant mieux. Sr Maria suit avec intérêt la transformation d’une salle de catéchisme en dispensaire. La pièce qui doit recevoir les femmes est terminée, sans doute commencerons-nous les cours dans une huitaine. Grande consolation pour nous ! La chapelle est à une quinzaine de mètres ; nous l’apercevons de toutes les pièces.

25 novembre : Au barrage

Dernier dimanche passé avec Mère Henriette. Ensemble nous irons respirer l’air frais du barrage à 5 kilomètres de Piéla. La température y est bonne (à Piéla, il fait 36 degrés à l’intérieur). Le cadre est reposant ; de temps en temps nous y viendrons pêcher. Aujourd’hui, nous admirons les beaux jardins que les gens ont établis à proximité...

10 décembre : premières activités

L’impression que nous donne cette Mission de Piéla est des plus favorables. Elle s’annonce prometteuse d’un excellent avenir chrétien : gens sympathisants, réceptifs au christianisme…
Au dispensaire, les malades viennent de plus en plus nombreux, entre 60 ou 80.
Le stage des élèves-catéchistes n’est pas commencé, mais en les attendant le travail ne manque pas...
Les femmes de la Communauté rurale et plusieurs de la brousse viennent apprendre à coudre et à tricoter. Les plus évolués entrevoient les avantages d’une langue plus répandue que la leur. "Ces intellectuels", comme dit le P. Ménard, viennent au cours de français presque tous les soirs.

Noël à Piéla

Vers 16 heures, deux à trois cents personnes venues de tous côtés (15, 20 et même 40 km) attendent la nuit de Noël. Toute la soirée, il en arrive encore. À 22h 30, un grand feu appelle et rassemble tout le monde près de la chapelle pour la veillée. Près de cinq cents hommes, femmes, jeunes gens et enfants vont suivre avec intérêt les scènes mimées par les jeunes du Centre de formation rurale. En première partie, des « histoires » du pays et en seconde partie, la grande « Histoire » de la Bible…
En fin de veillée, un petit Emmanuel reçoit le baptême ; sa courageuse maman avait fait 40 kilomètres avec son bébé sur le dos. Une messe de Minuit fervente marque vraiment le sommet de cette Nuit : seuls les deux cents chrétiens et catéchumènes prennent place dans notre chapelle trop petite…

Visites en brousse

Sr Maria a commencé à se rendre dans les villages de brousse. À Dabilgou les gens sont très sympathiques. L’infirmière s’installe sous un arbre, et c’est un défilé de petites et grandes misères. L’accueil est non moins chaleureux à Dipienga (40 km). Dès que la voiture arrive, plus de quatre-vingt personnes accourent pour les soins. Pourtant personne n’était prévenu de cette première visite. Au départ, ces braves gens présentent des cadeaux – œufs et poulet – en souhaitant revoir l’infirmière.

Par contre, à Bilanga (à 25 km), le vieux chef est très opposé aux missionnaires. Il se déplace ou envoie ses délégués dès qu’il pressent que l’un ou l’autre va se faire catéchumène...

Ces contacts avec les populations de la brousse sont un encouragement pour les catéchumènes, vrais apôtres qui n’épargnent rien pour l’extension du règne de Dieu.

Un catéchiste réside en permanence à Kodièna, avec sa femme et ses quatre enfants. À son arrivée en mai dernier, il n’y avait aucun catéchumène. Ils sont maintenant 25, parmi lesquels plusieurs adultes et chefs de concession.
Les habitants de ce village n’avaient jamais vu de religieuses, et beaucoup jamais de femmes blanches. Toute la région avait été prévenue de notre arrivée et lorsque nous sommes entrées dans le village nous avons été submergées et quasi étouffées. Des cavaliers en grand apparat, faisaient caracoler leur monture « dans une gloire de poussière » !

Extraits du Courrier Missionnaire, Archives de Rillé-Fougères, 1962

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Voir :
1er épisode
2e épisode