Les soeurs du Christ Rédempteur
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Venez, venez aux noces de l’Agneau...

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La Liturgie du dimanche 11 octobre 2020 nous propose “La Parabole des invités à la noce”.

Cette nouvelle parabole prononcée par Jésus (Mt 22, 1-14) vient juste après celles consacrées à la vigne. Mais en fait, n’y a-t-il pas plutôt deux petites paraboles : l’une sur les invités, l’autre sur l’habit de noces - la dernière pouvant être un ajout selon certains exégètes. Mais puisque Matthieu les a rassemblées, prenons-les à la suite.

Cette parabole existe aussi en Luc, mais Matthieu transforme le « grand repas » en un « festin ». « Il en va du Royaume de Dieu comme d’un roi qui fit un festin de noces pour son fils… » Immédiatement, nous comprenons qu’il s’agit du Royaume des cieux et de l’Alliance de Dieu avec son peuple. (Remarque : en Luc, la mention du royaume de Dieu est faite juste avant la parabole et celle-ci peut être perçue comme une illustration de ce qu’est le Royaume).

-  Une table bien garnie L’invitation à la noce est assez développée (2-10), plus de la moitié de la péricope ; et comme dans la parabole des vignerons homicides qui précède, la situation devient de plus en plus tragique. Le maître fait pourtant tout ce qu’il peut pour attirer les invités (v.4). Ce sera un festin à nul autre comparable, qui nous fait penser à Isaïe 25,6.7, mais rien n’y fait. Les occupations habituelles, lucratives ont plus d’importance. Et comble de l’incompréhension, les serviteurs vont être supprimés (v.6). Ceci entraîne une juste colère du roi ; cependant le châtiment nous semble un peu excessif !

Mais notre roi ne se décourage pas, il fait rassembler n’importe qui, pourrait-on dire, pour que la salle soit pleine, les « bons, comme les mauvais ». Il nous semble évident que cette parabole, comme celle des vignerons homicides, illustre ce que nous connaissons : les 1ers invités désignent le peuple élu à qui Dieu avait envoyé de très nombreux prophètes. Mais celui-ci n’a pas su reconnaître en Jésus le Messie de Dieu et la parabole des vignerons homicides concluait ainsi (21,43) : « Le royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits ».

Dans le Livre des Actes des Apôtres, on assiste souvent au même scénario dans la vie de l’Église au temps des Apôtres. Quand Paul arrive dans une ville, il va tout naturellement à la Synagogue annoncer Jésus le crucifié. Certains l’écoutent et deviennent croyants, mais d’autres en prennent ombrage et obligent Paul à s’enfuir. La scène se répète plusieurs fois !

Mais comme l’histoire de Joseph vendu par ses frères (Gn 50,20) nous l’annonce déjà : « Le mal que vous aviez dessin de me faire, Dieu l’a transformé en bien pour le rachat d’un grand nombre », les païens vont alors bénéficier de l’annonce de l’Évangile. Paul le dit explicitement à Antioche : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. » L’enseignement précieux que nous pouvons tirer de cette 1re partie de la parabole est que le refus des Juifs, les premiers appelés, n’est pas un obstacle définitif au projet initial de Dieu - qui à terme, concerne tous les hommes.

- Il faut avouer que nous avons plus de mal à comprendre la 2e partie de la parabole : si le “tout-venant” a été invité, pourquoi reprocher à l’un des nouveaux invités de ne pas avoir revêtu l’habit de noces ? Ceci nous semble en contradiction avec la 1re partie !

Les invités au festin Les biblistes nous proposent une explication, disant que cet épilogue n’est pas de Jésus et aurait été ajouté au temps de l’écriture de l’évangile de Matthieu. Cela pourrait indiquer qu’il faut à son actif une multitude de “bonnes œuvres”, parce que la tradition rabbinique interprète habituellement le symbolisme du vêtement par les œuvres méritoires que le fidèle accomplit jour après jour - tout comme l’huile de la lampe des vierges sages que nous entendrons bientôt. Et cette robe de noces pourrait être celle du Baptême dont un des rites est le vêtement blanc - l’autre est la lumière, que l’on trouve aussi dans la parabole des vierges sages… Nous en trouvons confirmation à la fin de l’évangile, dans la formule d’envoi des Douze : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » Mt 28,19.20

Sr Gabrielle H., Scr