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Aller prier avec les Musulmans : un rêve qui s’est réalisé !

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Ouagadougou. Plusieurs fois dans la journée, les muezzins appellent les fidèles musulmans à se rendre à la mosquée prier Allah... Je désirais depuis un moment aller vers la communauté musulmane pour participer à leur prière. Etapes :

-  Soeur Patience, soeur du Christ RédempteurJe garde un souvenir d’il y a douze ans (décembre 2008) : j’étais Novice, en stage dans la communauté de l’Arche de Jean VANIER située dans le centre-ville de Ouagadougou. C’était un grand jour de fête pour les Musulmans : la Tabaski, je crois…
Revenant du marché avec une assistante de la communauté, nous arrivons à proximité de la Place de la Nation où ils étaient rassemblés : toutes les routes étaient embouteillées par les fidèles qui sortaient de leur prière.
« Oh mon Dieu ! » cria l’assistante qui me transportait à l’arrière de sa moto. Son malheur faisait mon bonheur. Imaginez ! Pendant qu’elle cherchait par quel tunnel se faufiler, embarrassée par l’embouteillage, moi à l’arrière j’étais stupéfaite et si contente de voir pour la 1re fois des Musulmans ainsi rassemblés en masse. Impressionnée surtout parce qu’ils étaient presque tous habillés en blanc.

- J’ai un ami qui est musulman ainsi que toute sa famille. L’an passé, à l’approche de la fête de Ramadan, je lui avais dit mon désir de participer à la prière musulmane. Sa femme m’avait promis de venir me chercher pour m’amener à la mosquée ce jour-là. Hélas, la promesse n’a pas été tenue.
Depuis lors, cette soif d’aller vers cette religion différente de la mienne demeurait toujours en moi. Je désirais rencontrer les fidèles musulmans pour leur témoigner ma solidarité, mon amour et ma fraternité, en leur disant que c’est le seul et même Dieu que nous prions… En même temps, je me posais des questions : Comment pourrai-je un jour fouler de mes deux pieds la mosquée ? Avec qui irai-je ? Serai-je acceptée ? Est-ce qu’ils ne me chasseront pas ? Est-ce qu’ils ne me frapperont pas, me prenant pour une espionne ? Ce qui m’importait, c’était de participer à leur prière, c’est tout.

- A la fin d’Avril de cette année 2020, commençait le temps du jeûne musulman. J’ai souhaité à mes amis(es) et connaissances « Bon temps de jeûne et du courage ! » (Car « ce jeûne n’est pas du tout facile » disent-ils).
En même temps, j’espérais aller bientôt les rejoindre dans leur prière.
Enfin, le jour longtemps attendu - un dimanche - est arrivé.
Ce jour-là, j’ai trois “soucis”, entre 6 h et 10 h : la messe dominicale indispensable, la prière à la mosquée, puis la cuisine à faire. Vais-je y arriver ? Par quoi commencer ? Dieu seul sait arranger le programme pour que l’homme soit épanoui... 
Heureusement pour moi, la messe en communauté est dès 6 h 30. Au sortir de la chapelle, je partage avec mes consoeurs mon désir de rejoindre la communauté musulmane pour leur témoigner ma solidarité. Quelques-unes m’encouragent : « C’est une bonne idée. Vas-y ! » Je me renseigne près des voisins de l’heure de la dite prière. « Elle va peut-être commencer à 8 h ou 8 h 30, et va être organisée en plein air, à 800 mètres d’ici », me répondent-ils.
Je reviens prendre mon petit déjeuner rapidement, debout. Soeur Edwige me donne son tapis de prière musulman. « Je suis très contente de te voir partir à la mosquée. Si j’étais disponible, je serais partie avec toi » me dit-elle..
Je pars en vélo, me renseigne à nouveau près d’une voisine : « Je suis partante moi aussi » répond-elle. Nous marchons ensemble. Elle est vraiment courte, ses petits pieds ne lui permettent pas de marcher à mon rythme. Je suis impatiente d’arriver, mais aussi contente d’être en sa compagnie, c’est comme un soutien pour moi (j’ai toujours un petit peu la peur d’être chassée !) J’ignore alors qu’un bon accueil m’attend... On entend les muezzins chanter, les fidèles courent dans toutes les sens pour trouver le bon endroit.

Sr Patience, avec la jeune femme (à dr.) qui voulait causer avec elleNous voici arrivées. Tout le monde est très content de voir une religieuse venir prier avec eux. Les uns me saluent, les autres me font un sourire. Tout le monde s’installe. Les hommes sont assis à 20 mètres des femmes. En attendant la prière, quelques hommes et femmes passent pour prendre des offrandes. Mon voile différent attire l’attention. Une jeune femme vient s’asseoir à côté de moi pour causer...
8 h 45. Tout le monde se lève, silence absolu. L’Imam pousse un cri pour commencer la prière. Sans trop savoir ce qu’il dit, j’imite les autres, je fais les mêmes gestes. Après 15 minutes, la prière est déjà terminée. Au moment de partir, tous ceux qui me voient sont visiblement contents. Je leur souhaite bonne fête, eux aussi. Une grande joie m’envahit, non seulement parce que je leur ai témoigné ma solidarité, mais aussi parce que ce monde inconnu m’a réservé un accueil chaleureux.
Arrivée en communauté, toute contente, je me mets à faire la cuisine. A 11 h 40, tout est prêt... Ainsi, ces trois “moments” qui me tenaient à coeur ont pu être vécus, et avec beaucoup de joie !

Le groupe des hommes musulmans réunis pour la prièreSoeur Patience N., SCR, Ouagadougou

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Parole du jour - 31 octobre 2020

« Oui, j’espère en votre Justice et je veux vivre et mourir en l’aimant » (Chant P. Le Taillandier)
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