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Il en est du Royaume comme d’une graine de moutarde…

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Le 19 juillet, nous sommes invités à méditer 3 paraboles de Matthieu. Arrêtons-nous à la 2e, La Parabole du grain de moutarde.

Fleur de moutarde des champs Ce n’est pas par hasard que Jésus a choisi ce qu’en botanique on appelle la "sinapis nigra", la moutarde du jardin. Le point de comparaison entre cette graine et le Royaume de Dieu est l’extraordinaire pouvoir de croissance des deux. Sans doute existe-t-il des graines plus petites que le grain de moutarde, mais c’était la plus petite semence utilisée par les jardiniers de l’époque. "Lorsqu’on le sème en terre..., lorsqu’il a été semé..." On entend l’insistance de Jésus : il faut qu’il y ait semailles, sinon il n’y a pas de récolte.
Nous vidons cette parabole de son « maximalisme » quand nous pensons au grain de moutarde simplement comme à une petite plante susceptible d’une croissance considérable. Et nous la réduisons à une banalité si le message que nous en tirons est quelque chose comme : « Ce qui est grand est tout d’abord petit ».
Il n’est pas dit que le grain de moutarde est une petite plante qui devient grande. Il est dit qu’il devient plus grand que les légumes, il devient un arbre. « Un arbre », c’est-à-dire une structure qui, dans la conception et la langue communes (sinon dans la vérité botanique stricte), est tout à fait autre qu’une plante. Et non seulement « un arbre » : mais un arbre tel que « les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches ».

Un cèdre du LibanOr le moutardier n’est pas un cèdre ! Mais depuis Ezéchiel 31,6 (qui parle du cèdre) : « Dans ses branches nichaient tous les oiseaux du ciel, sous ses rameaux mettaient bas toutes les bêtes sauvages, à son ombre s’asseyaient un grand nombre de gens » et Daniel 4,8 : « L’arbre grandit, devint puissant, sa hauteur atteignait le ciel, sa vue les confins de toute la terre », l’expression désigne la multitude des peuples païens à qui le Royaume offrira refuge à la fin des temps.

Dans les 3 étapes de la poussée du grain : le 1er et le dernier temps sont assez longuement décrits (17 mots pour le 1er et 14 pour le dernier) contrairement aux 2 verbes seulement pour le temps intermédiaire de la croissance.
On peut en déduire, que dans les choses du Royaume de Dieu, la question des moyens intermédiaires importe beaucoup moins que la confiance inébranlable en la semence et l’amplitude de l’espérance quant à la fin ! Force est de reconnaître qu’on ne sait pas comment les choses se passent !

En fait, La parabole révèle et cache en même temps ! Elle ne dit pas tout : elle fait état d’une irrésistible poussée, dont chacun vit (l’homme à son champ, la femme à son pétrin), sans en être le maître, mais seulement le spectateur. Jésus affirme qu’il en va ainsi du Royaume.

La parabole essaie de transmettre une conviction, celle de Jésus : qu’une impérieuse nécessité et une inébranlable promesse (inébranlable, parce qu’elle vient de Dieu) conduisent des petits débuts à la splendeur de l’accomplissement. Ainsi la parabole voile autant par ses silences qu’elle révèle par son dire. On ne sait pas ce qu’est le Royaume ni comment il advient, c’est le mystère de Dieu.

Soeur Gabrielle H., SCR

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Parole du jour - 31 octobre 2020

« Oui, j’espère en votre Justice et je veux vivre et mourir en l’aimant » (Chant P. Le Taillandier)
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