Les soeurs du Christ Rédempteur
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Ils trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche

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Les bergers se dirent entre eux : « Allons jusqu'à Bethléem... »Le 1er Janvier, solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, l’Évangile du jour rapporte la visite des bergers à la crèche de Bethléem (Luc 2,16-21). Mais il est intéressant de commencer cette lecture avec le verset 15 : Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : "Allons jusqu’à Bethléem et voyons cet événement qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître".

Les bergers n’ont pas reçu la consigne de se rendre à la crèche. C’est d’eux- mêmes qu’ils décident d’y aller, non pour éclaircir un doute mais dans une démarche spontanée, rapide, comme celle de Marie à la Visitation (Luc 1,39).
Cette naissance est qualifiée, ici, par le terme d’événement (ce qui n’est pas rendu par la version liturgique). « Passons donc jusqu’à Bethléem et voyons cet événement qui est arrivé », ; « ils firent connaître sur l’événement ce qui leur avait été dit... ».

Mais qu’est-ce qu’un événement ? Ce texte nous permet de le comprendre. Un événement n’est pas sans rapport avec une naissance et, inversement, une naissance n’est pas sans rapport avec un événement. Ne dit-on pas d’une femme enceinte qu’elle attend un heureux événement ? Pour qu’il y ait un événement, encore faut-il que ce soit l’occasion d’un accueil. Il y a des faits qui se produisent dans nos vies et qui ne sont pas des événements. Un événement, c’est un fait dont on parle et qui change habituellement le cours de nos existences. Naître, pour un petit d’homme, ce n’est pas seulement être éjecté du sein maternel. Naître, c’est être accueilli.

Ils trouvèrent Marie, Joseph, et l'enfant Voilà donc nos bergers en route vers la crèche : « Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche ». « Ayant vu, ils firent connaître sur l’événement, ce qui leur avait été dit de cet enfant ; et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers ».

L’humble parole des bergers relaie celle des anges et ne provoque point une déception, malgré la médiocrité du signe et de ceux qui l’annoncent, mais un émerveillement.
Si les bergers sont ainsi présentés comme les premiers disciples, Marie apparaît comme la figure même du disciple qui ne se contente pas d’écouter la parole, mais qui la garde dans son cœur.

Marie conservait ces choses en son cœur Ceux qui ont été choisis pour être les premiers annonciateurs de la Bonne Nouvelle sont à l’image de Celui qui s’est fait impuissance, petitesse ; ce ne sont pas des puissants, ni des grands de ce monde, ni des sages, ni des savants, mais des petits, des humbles, des bergers.
Telle est l’habitude de Dieu, Lui qui se choisit comme peuple un ramassis d’immigrés, d’exploités de la puissante Égypte, Lui qui désigne pour 1er roi de ce peuple le dernier fils de Jessé, celui qu’on avait laissé à garder les troupeaux pendant que ses frères étaient présentés à Samuel.
Telle sera l’habitude de Jésus, Lui qui choisira les méprisés, les publicains, les prostituées et pécheurs pour apôtres des “petits” et des “sans nom”.

Pour les bergers, la parole entendue précède la vision ; elle la suivra puisqu’ils la rapportent à d’autres. C’est ce qu’ils ont entendu qui les fait se mettre en route. C’est ensuite ce qu’ils ont vu, conformément à la parole qu’ils ont entendue, qui les fait, à leur tour, parler et transmettre le Bonne Nouvelle. La Parole garde la prééminence sur la vue.
Le signe reçu par ouï-dire, devient réalité et, malgré l’humilité radicale de ce que découvrent les bergers, leur foi n’est pas déçue. Ils la répandent et la partagent. Ce sont donc les premiers témoins.

Sr Gabrielle H., SCR