Les soeurs du Christ Rédempteur
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L’agonie de la Rose

Les soeurs du Christ Rédempteur

C’était une belle fleur, entre toutes les fleurs, une rose blanche, entre les plus blanches, cultivée avec amour par un vieux jardinier qui s’occupait des roses.

Ce matin-là, sous le tranchant du sécateur, la rose blanche se coucha dans son panier, secouant sa robe toute imprégnée de rosée.
Son maître prit un vase, le remplit d’eau et y déposa la rose.

Le soir venu, il se débarrassa de son tablier, enfila un costume de fête, mit son chapeau et remit la rose dans son panier.
D’un pas assuré, il franchit les quelques mètres qui le séparaient du bourg, puis entra dans l’église. Le curé l’aperçut et le reçut avec joie et admiration. Il regarda son paroissien, il regarda la rose.
« Elle est digne du Seigneur, notre Maître » lui dit-il.

C’était un soir d’adoration du Saint Sacrement. Le prêtre monta les marches du grand autel, et au pied d’un ostensoir d’or, où “Lui” était, il plaça la rose qui portait sa blanche couleur, sa couleur à Lui.

La rose comprit à ce moment-là, tout à fait bien qu’elle était là comme une victime très pure aux pieds du Maître, de l’Artiste éternel qui a ciselé les fleurs, allumé les étoiles et créé les âmes, plus belles encore que les étoiles et les fleurs. Si elle était la plus belle rose, elle avait servi à la plus belle chose.
Elle s’y abandonna toute entière lentement ; pétale après pétale, elle exhala sa petite âme de fleur aux pieds du Maître.

Pendant son agonie, les fidèles s’approchaient, leur missel ouvert, et demandaient au prêtre un de ces pétales de la rose qui était devenu sainte.
Et là-haut, au fond des voûtes majestueuses, retentissaient les derniers accents des grandes orgues : « Beati immaculati in Via ».
« Bienheureux les immaculés en leur voie,
Dieu les fait refleurir à jamais, en son Paradis bleu ! »

Pierre L’HERMITTE.
Transmis par Soeur Magdaléna J., Communauté des sœurs aînées, Béthanie (Rillé-Fougères)