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Vivre pendant la pandémie à l’Aumônerie de Gaifleury

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La MAS Gaifleury à St Georges-de-Reintembault La Maison d’Accueil Spécialisée Gaifleury, à St Georges-de-Reintembault (35), accueille 70 adultes polyhandicapés, en hébergement permanent. Soeur Colette, de l’Équipe d’Aumônerie, évoque le temps de la pandémie et les difficultés rencontrées :

« Les deux confinements imposés par la pandémie de la Covid-19 ont lourdement pesé sur les résidents, les familles et les personnels. Les familles et l’Aumônerie ne pouvaient pas faire de visites. Plusieurs familles me téléphonaient pour exprimer leur souffrance et savoir ce que je pouvais faire.

Il est arrivé une fois qu’une chef de service, nouvelle à Gaifleury, m’a appelée pour me dire son désarroi devant son impuissance à répondre aux familles, car elle ne connaissait personne. Il y avait beaucoup de remplaçants parmi le personnel ; et ceux-ci ne connaissaient pas les familles. Alors elle me demandait si j’acceptais de faire le lien entre les familles et leur fils ou leur fille.

Séance de Caté : Sr Colette avec des résidents (avant la pandémie)Face à une résidente en fin de vie, elle m’a téléphoné pour me demander de venir avec le Père Restif célébrer le sacrement de l’Onction des Malades. Quelques jours plus tard, elle nous accueillait à la chapelle de Gaifleury pour la célébration des obsèques de cette résidente, en présence des dix personnes autorisées. Les personnels du groupe ne pouvaient pas entrer dans la chapelle, laissant la place à la famille. Ils ont eu un geste délicat en faisant une haie d’honneur pour notre amie et en lui offrant des fleurs devant la porte de la Chapelle.

Suite à la demande de cette responsable, et avec les noms qu’elle m’avait transmis, j’ai pu prendre contact avec les familles éprouvées par l’impossibilité de venir voir leur fils ou fille. Durant cette période, le téléphone a été bien précieux, permettant d’entrer en contact avec des résidents qui en manifestaient le désir aux AMP (Aides médicaux psychologiques). Parfois je prenais l’initiative d’appeler moi-même. Le P. Restif le faisait également.

Le besoin de rencontres et de communication a suscité des initiatives chez des résidents :
- Michel va dans sa chambre chercher une photo de “Foi et Lumière” et la donne à la personne de service tout en lui apportant le téléphone. Cela signifie qu’il veut m’appeler et il reprend avec moi quelques mots de chants de “Foi et Lumière” : « Par toi, par toi, vit la Communauté »,« Va et bâtis la Communauté… ».
- Fernand et Dominique ont plus de mal à s’exprimer. Alors ils disent leur joie par des sons, des expressions du visage que me signale l’AMP qui sert d’interprète.
- D’autres demandent : « Quand aller à la chapelle ?.. ».
- Manuel qui n’a pas de famille, a plus de mal à accepter qu’il n’y ait pas de réunion “Foi et Lumière” ou qu’il ne m’est pas possible d’aller le chercher pour la messe. Alors il exprime sa déception et sa colère en me disant au téléphone : « Colette, va au ciel ! » Ce qui veut dire : « Tu peux mourir ».

Célébration à la chapelle, avant la pandémiePlusieurs familles dont le fils ou la fille sont décédés depuis quelque temps m’appellent pour me demander comment vont les familles et les résidents de Gaifleury. Ils pensent à la souffrance occasionnée par l’impossibilité pour les résidents de recevoir la visite de leurs parents et, pour les parents d’aller rendre visite. Et j’entends ces familles me confier : « Le décès de notre enfant a été pénible, mais nous aurions du mal à assumer ce temps de pandémie ».

Pendant ce temps, le contact était maintenu par téléphone ou par courrier électronique avec les membres de l’Équipe de l’Aumônerie. Cette période de confinement a été vécue en communion les uns avec les autres. Elle nous a fait mieux prendre conscience que nous formons une famille, celle du monde des « petits » qui ont une place privilégiée dans le cœur de Dieu, au point que Jésus s’est identifié à eux ».

Sœur Colette M., SCR, St Georges-de-Reintembault (35)

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