L’Évangile du 14e dimanche ordinaire en Mathieu 11, 25-30 appartient à la troisième section narrative1. Elle concerne :
- la question de Jean-Baptiste - à laquelle il devra répondre lui-même - et le témoignage de Jésus à son sujet
- le jugement de Jésus sur cette génération en décalage en ce qui concerne l’interprétation des événements
- l’annonce malheureuse pour les villes du bord du lac qui « ne voient pas ».
Les destinataires sont les foules mises en demeure d’exercer elles-mêmes leur jugement.
La question de Jean-Baptiste pose l’alternative : « Jésus est-il ou n’est-il pas celui qu’Israël attendait ? » Celui-ci ne répond pas, mais il donne des éléments pour sortir de l’impasse : voir, entendre et interpréter ses actes de puissance en décidant eux-mêmes. Mais cette génération reste en décalage devant l’événement. Elle pleure quand il conviendrait de danser, elle danse quand il faudrait pleurer. Elle ne reconnaît pas les signes des temps et ne peut se positionner d’une manière juste dans l’aujourd’hui de la présence et de l’action de Jésus. Concernant les villes, Jésus pointe vers le jour du jugement et sa rigueur. Mais c’est dans un futur et le temps de la miséricorde est encore là. Pour eux aussi, Jésus continue :
« Jésus prit la parole et dit : Je te bénis Père… » Le ton change, grave, chargé d’émotion. Il s’adresse au Père, nommé cinq fois sur trois versets. C’est une action de grâce envers Celui de qui vient « tout don parfait » qui est « la révélation de cela faite aux tout-petits et refusé aux sages et aux savants ».
Ces petits ne sont-ils pas les courbés, les inclinés, les faibles, les humbles, les affligés, les doux, les anawim2 dont parle les prophètes…
Jésus les invite à s’approcher et il se met lui-même dans cette catégorie : « Je suis doux et humble de cœur ». Le fardeau est celui qu’il a chargé lui-même, fardeau d’amour et de confiance reçu des mains du Père, fardeau léger en réalité.
Que nous nous mettions dans cette attitude, celle de « voir, entendre et comprendre » le don nouveau de Dieu qui nous vient par Jésus. Y travailler et savoir « que les choses divines viennent toutes seules, tu en ignores l’heure »3.
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1- Il serait bon de lire Matthieu 11 tout entier car il forme un ensemble.
2- Expression utilisée par les prophètes pour désigner l’ensemble des pauvres.
3 - Tiré de La Petite Philocalie de la Prière du cœur, p.189.
