Celui-ci est mon Fils bien-aimé

Dimanche 8 Mars 2020, la liturgie, nous propose le beau texte de la Transfiguration en Matthieu 17, 1-13. Texte qui est une révélation du vrai visage de Jésus et en même temps, le prononcé de son identité par le Père.

Dimanche 8 Mars 2020, la liturgie, nous propose le merveilleux texte de la Transfiguration de Jésus en Matthieu 17, 1-13. Texte où se manifeste le vrai visage de Jésus et la révélation de son identité par le Père.

Ce récit tient son éclat, pour une part, des nombreuses allusions à l’Ancien Testament qui en est une clé de lecture. Arrêtons-nous seulement à la Parole du Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection : écoutez-le ! ».

Mont Thabor, lieu habituellement admis de la Transfiguration

« Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé ». Ces paroles ici s’adressent aux disciples. Elles reprennent celles du Baptême auxquelles sont ajoutées : « Ecoutez-le ». Au Baptême, le Père introduisait Jésus dans sa mission de Messie. Ici, les disciples, sont invités à entrer plus avant dans le Mystère de sa personnalité. Il est certes le Messie, mais aussi : « Le Fils Bien Aimé » du Père.

« Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé » = Ceci est la vraie gloire - disait Paul Beauchamp, célèbre bibliste - lorsque le Père dit à quelqu’un devant les autres : « Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé ». Et le Père le dit devant Moïse, Elie et les témoins du groupe des apôtres. Il ne faut pas oublier que cette Transfiguration se situe au milieu des annonces de la Passion. Jésus est dans l’intimité du Père, mieux que Moïse et Elie !

« Ecoutez-le ! » « Yahvé, ton Dieu, suscitera pour toi, du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi que vous écouterez » Cf Dt 18,15. Ceci montre en Jésus, l’accomplissement des Ecritures, mais aussi le dépassement et la nouveauté. Dans beaucoup de passages de la Bible, c’est le Père qui parle. Ici, il parle pour dire : « Je ne parle plus. C’est lui qui parlera. Je me tais ».

La Transfiguration de Jésus, quinzième siècle

Mais, dans la Bible, écouter quelqu’un, ce n’est pas passif. Ça veut dire : « Obéir », « Suivez-le ». Donc, la voix céleste engage les disciples à poursuivre leur chemin, dans la Foi, jusqu’à la découverte de l’identité plénière de Jésus. Tel est le sens profond de l’événement qu’ils viennent de vivre. Or, Jésus vient de faire la 1re annonce de sa souffrance et de sa mort (16, 21ss). Et devant cette perspective tragique annoncée par Jésus, Pierre a écouté la voix de Satan et s’est fait son intermédiaire. Il est évident que les disciples ont beaucoup de mal à « écouter » Jésus sur ce point précis de son enseignement.

Maintenant qu’ils viennent d’entrevoir – comme un éclair fulgurant – que Jésus est « le Fils de Dieu » et qu’au-delà de la mort, il est finalement promis à un destin glorieux, ne doivent-ils pas garder l’espérance et continuer à suivre leur Maître sur le chemin de la Croix ?

Sr Gabrielle H., SCR

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