Ce lieu du Burkina évoque beaucoup de souvenirs pour les sœurs du Christ Rédempteur qui y ont effectué une mission. Ce pays porte maintenant, sous d’autres cieux, le signe de la continuité de l’inspiration de Anne Boivent et du Père Jean-Baptiste Le Taillandier il y a 200 ans.
Au cours des trois semaines passées à la Maison-Mère de Rillé, j’ai eu pour mission d’assurer le service de l’aumônerie. Cela consistait essentiellement à célébrer les messes quotidiennes et dominicales, accueillir les sœurs pour l’écoute et les confessions, partager le repas avec elles, découvrir quelques sites historiques et symboliques de Fougères et de la Congrégation. J’y ai trouvé du temps aussi pour la lecture et la promenade à pied.
- Peut-être avez-vous déjà fait de semblables remplacements ? Quelles sont vos motivations pour venir ainsi, en France ?
Les visites en France se font toujours dans un but pastoral. Cela permet de nouvelles expériences pastorales, la découverte d’une culture, d’une histoire qui façonne l’imagination et oriente le rapport à l’autre. De ces rencontres naissent des amitiés qui s’affinent au fil des années et constituent des lieux d’enrichissement mutuel.
- Qu’est-ce qui a été particulier à Rillé ? Qu’avez-vous apprécié ?
Tout se joue “sur place”, alors que dans les paroisses les prêtres sont appelés à parcourir des distances, voir des visages différents, changer de paysages, de langage, donc à une adaptation quasi permanente. A Rillé, on ne bouge quasiment pas, mais les visages des sœurs qui prennent part aux célébrations sont le condensé d’une histoire, d’un don, d’un sacrifice, mais aussi la lueur d’une paix, de la louange au Dieu qui donne et pardonne.
La présence discrète des jeunes sœurs africaines y rappelle que les sacrifices, les dons des premières sœurs missionnaires au Burkina étaient comme des semences enfouies pour donner leurs fruits au temps voulu par Dieu. Ils (sacrifices et dons) sont source de renouveau pour la congrégation, un nouvel élan, une promesse.
L’attention à l’autre, la solidarité, le partage, la veille permanente, la disponibilité, le service à l’autre… ne sont pas de vains mots. Ils trouvent leur incarnation dans la communauté de Rillé. Mais qu’est-ce que c’est exigeant pour y parvenir. Bravo !
- Après l’été, vous retourez au Burkina Faso, où vous attend une nouvelle mission. Pouvez-vous nous en dire quelque chose ?
A la rentrée prochaine, je serai au Secrétariat Général de l’OCADES Caritas Burkina (1). Il me faut aborder cette charge dans l’humilité et dans un désir profond d’apprendre des collaborateurs laïcs rompus à la tâche, notamment la conduite des projets et programmes humanitaires et de développement. Grâce à leur expertise et à l’appui spirituel des uns et des autres, dont celui de la communauté de Rillé, la volonté de Dieu se manifestera au cœur de cet instrument de la charité du Christ qui s’est toujours identifié aux pauvres.
(1) OCADES : Organisation Catholique pour le Développement et la Solidarité.
