Lors de la fête des 100 ans de Sr Thérèse Yvonne, en ce 1er avril 2021, Hélène H., sœur de sa communauté, évoque avec humour cette étape de la retraite à la maison-mère de notre centenaire, experte en couture :
« La fin de vie professionnelle est le début d’une autre vie. A pas de velours, Thérèse Yvonne, tu arrives à RILLÉ le 30 Août 1983. Inutile de publier une annonce « Couture » sur un site Internet… Pas trop arrivée à RILLE, de fil en aiguille, tu es repérée par toutes les sœurs de la Maison-Mère. Il n’y a pas de temps à perdre. Il faut appuyer sur la pédale au point d’en perdre peut-être les pédales. Toute la colline de RILLÉ te connaît, Thérèse Yvonne, et ta large expérience pour la confection et la modification des vêtements dans tous les styles. Je dirais même : tu sais réaliser des miracles grâce au pouvoir magique de tes doigts de fée !
Ta boîte à ouvrage est bien garnie de petits trésors. Deux machines à coudre « Singer » t’attendent pour satisfaire tous les désirs. Thérèse Yvonne, combien de navettes fais-tu encore de ta chambre à ton atelier couture ? De tes doigts agiles, tu confectionnes, tu tailles, tu couds du vieux et du neuf. Tu donnes une seconde vie aux vêtements des sœurs qu’elles ne se résolvent pas à abandonner.
La roue tourne. Comment peux-tu compter les années ? Une à une, tu les enfiles. La vie file et se déroule sur la colline de RILLE, telle une bobine de fil. Tu as toujours aimé la couture et ceci depuis 38 ans à Rillé. Même à 100 ans, tu gardes toujours cette passion pour la couture. Ton talent de couturière est toujours apprécié ».
- Un conte Soufi « Les ciseaux et l’aiguille » qui va être lu par Sr Adèle évoque bien la trame de ta vie : Réunir, assembler, plutôt que couper et séparer…
« La beauté de ce magnifique conte évoque bien le passé, le présent, le fil de ta vie sous toutes ses coutures. Tu as enfilé des centaines d’aiguilles. Au bout d’un siècle de vie, ça devient plus difficile, n’est-ce pas Thérèse Yvonne ? La Bible nous dit « qu’il est difficile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille ». De fait, il vaut mieux y passer un fil, même à 100 ans. Thérèse Yvonne, tant d’années ont bien marqué ton histoire de la rigueur du travail bien fait … « Le fil » est le symbole de la continuité… Reste inventive et créatrice !
« Celui qui devient centenaire devient un livre d’histoire, une leçon de vie pour ses proches et amis ». Est-ce indiscret de te demander tes petits secrets de longévité ? »
Sœur Hélène H., SCR, maison-mère de Rillé



