Comment Anne a retrouvé le chemin de la Vie…

De l’anéantissement à la résurrection : quel chemin parcouru par Anne en quelques mois ! La preuve que rien n’est jamais totalement perdu. Un beau signe d’espérance…

Anne, célibataire, habite notre quartier. Elle a une vie très active : marche, visite de la ville, lecture, cinéma, visite de personnes âgées, engagement aussi dans l’Aumônerie hospitalière où je l’ai rencontrée.

La maison de Anne

Fin 2019, elle a dû être hospitalisée. Le séjour à l’hôpital se termine mal… Elle rentre chez elle, dans sa belle petite maison où elle se plaît beaucoup. Mais un accompagnement est nécessaire : infirmières matin et soir, puis très vite aide-ménagère, service des repas à domicile. « Je ne m’appartiens plus ! Je ferais tellement bien mon ménage ! Je ne sais plus rien faire !… Les nuits sont courtes, les journées bien longues ! »

Avec une ou deux amie(s), nous essayons de lui assurer une présence : jeux, sorties, on l’écoute, on parle… Un jour, ma visite est prévue à 16h30. La porte est ouverte, mais il n’y a personne. 17h, 18h : toujours personne. Je contacte l’amie et la personne de confiance. Nous trouvons un petit papier qui nous angoisse… Le service d’infirmières - passé avant - a pris ses responsabilités… A 20h, le policier leur transmet la nouvelle : une personne se promène depuis un bon moment autour d’un étang voisin… Nous sommes à la fois rassurées et bien perplexes…

Vu l’état d’Anne, un membre de sa famille lui trouve une résidence proche de son village natal, mais c’est dans le département voisin, donc il n’y a pas de moyens de transport possibles avec notre ville. C’est un collectif, elle est la plus jeune résidente. Il faut s’adapter… Mais son appartement lui plait. Après plusieurs semaines, Anne se prend peu à peu en main. Les nouvelles qu’elle me communique, de temps à autre, m’impressionnent particulièrement : Anne a revu toute sa comptabilité en retard, elle vient de lire 2 livres, sa première leçon de remise à niveau conduite s’est bien passée, elle prépare sa défense pour la tutelle… Le moral est bon.

D’autres bonnes nouvelles arrivent : « Hier, je suis allée prier dans une chapelle de campagne, à 4 km. J’ai le moral. J’aimerais bien retourner chez moi, mais on me conseille de rester ici… »

De l’anéantissement à la résurrection : quel chemin parcouru par Anne en quelques mois ! La preuve que rien n’est jamais totalement perdu. Un beau signe d’espérance…

Merci, Seigneur.

Sœur Maria B., SCR, Fougères

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