Comment nous avons accompagné Antoinette…

Antoinette a participé pendant plusieurs années, au groupe de convivialité qui se réunissait chaque semaine. Elle vivait seule. Ses enfants avaient coupé toute relation avec leur maman…

Le Bon Samaritain. Logo de la Diaconie Paroissiale, diocèse de Rennes

Depuis de nombreuses années, de par mes activités professionnelles et de bénévolat, j’ai rencontré beaucoup de personnes en souffrance, fragilisées… Aujourd’hui, j’ai la chance d’être membre du CCAS (Centre communal d’action sociale) de ma commune et d’être en lien avec “un groupe de convivialité”.

Le 17 octobre dernier, j’ai aimé participer à Rennes à la journée de formation et de partage concernant « les Diaconies Paroissiales » : « La diaconie c’est être au service du plus pauvre* », c’est « Servir à la manière du Christ » (comme exprimé dans la charte). Agir ensemble, fraternellement, et développer les liens avec les autres acteurs de la solidarité non confessionnelle… sont des objectifs importants de la diaconie.

C’est ce que nous avons essayé de vivre avec Antoinette :

Antoinette a participé pendant plusieurs années, au groupe de convivialité qui se réunissait chaque semaine. Elle vivait seule. Ses enfants avaient coupé toute relation avec leur maman. Les personnes du groupe étaient les seules avec qui elle pouvait parler, nous disait-elle. Sa santé s’est dégradée, elle a dû être hospitalisée… Nous nous sommes organisées pour lui rendre visite. Puis son état s’est encore aggravé. L’infirmière a averti sa fille - qui habitait à Avignon - de l’évolution de la maladie et que le décès pourrait survenir à tout moment. Celle-ci a répondu qu’elle ne se déplacerait pas. L’infirmière (ayant bien compris que nous étions les seules à l’accompagner) a alors informé une des personnes de notre groupe. Arrive le jour où je vais, à mon tour, prendre de ses nouvelles : la chambre est vide ! L’infirmière m’apprend qu’elle est décédée dans la nuit, et que Antoinette avait souhaité qu’“une messe soit célébrée pour elle”.

L’une d’entre nous, Monique, a essayé de contacter sa fille qui a indiqué qu’elle venait vider la maison de sa mère et allait repartir très vite… Nous avons bien réalisé que les enfants avaient “abandonné” leur mère. C’est alors que nous avons appris, par les Pompes Funèbres, qu’il y aurait incinération, ainsi que l’heure et le nom du cimetière où la dispersion des cendres aurait lieu. Quelques-unes d’entre nous sont allées au Jardin du Souvenir. Aucun membre de la famille, aucun voisin n’était présent. Nous avons prié ensemble avec l’accord et la présence bienveillante des P.F. Puis, de façon très respectueuse, la personne des P.F. a commencé à répandre les cendres et nous a remis l’urne pour que chacune de nous puisse participer à la dispersion des cendres de notre amie. Petite cérémonie très émouvante. Antoinette n’était pas partie seule.

Nous avons ensuite offert les honoraires d’une messe et fixé une date (un dimanche) pour que la communauté paroissiale puisse aussi prier avec toute notre équipe pour Antoinette. La célébration a eu lieu quelques semaines plus tard et - surprise ! - une voisine d’Antoinette (sa meilleure amie) est venue nous remercier et se joindre au pique-nique que nous avions décidé de partager ensemble. Elle n’avait eu aucune information sur ce qui s’était passé pour Antoinette et regrettait de n’avoir aucun objet-souvenir de son amie. J’ai eu alors la joie de lui remettre un petit cadeau que Antoinette m’avait donné : une petite statue de « Notre-Dame de Boulogne sur un bateau ».

N. D. de Boulogne : Marie sur un bateau et présentant Jésus

* En parlant de “pauvres”, nous pensons à tous ceux qui sont en situation de fragilité, de précarité, de souffrance…

Sr Josepha S., SCR

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