Dieu a tant aimé le monde

Le dimanche 4 Juin, fête de la sainte Trinité, la liturgie offre à notre méditation, un court passage de la rencontre de Jésus avec Nicodème, ce pharisien, venu de nuit, trouver le Maître.

Dimanche 4 Juin, fête de la Ste Trinité, la liturgie nous offre à méditer un court passage de la rencontre de Jésus avec Nicodème, ce pharisien venu de nuit trouver le Maître (Jn 3, 16-18). Passage très riche, cependant.

Dieu a tant aimé le monde…. Nous avons ici la 1re occurrence du verbe « aimer », cité 37 fois chez Jean et il a Dieu pour sujet, comme pour nous signifier que c’est Dieu qui est la source de tout amour. L’affirmation situe Dieu et son amour comme la réalité fondatrice, absolue. L’amour précède tout (cf le Prologue en St Jean : Jn 1, 1-18) : la lumière divine du Logos existe pour tout homme avant la ténèbre. Le Dieu qui aime a exclusivement pour dessein le salut et la vie.

Les versets 16-17 ne se contentent pas de célébrer l’amour de Dieu qui a donné le Fils unique, ils mettent en très grand relief le but de ce don : la vie éternelle des croyants et le projet de Dieu en faveur des hommes, qu’il veut vivifier de sa propre vie.

Mais, on ne peut accéder à la Vie éternelle que par la foi en ce Fils unique, venu attester l’amour de Dieu par son incarnation.

Jésus nous sauve par son incarnation

On entend comme un écho du Prologue : « A ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Croire en Jésus, c’est immédiatement avoir la vie ; inversement, par le refus de croire, l’homme s’autodétermine pour la mort qu’implique bibliquement le verbe « être jugé ».

Chez Jean, le jugement remis au Fils est compris comme le résultat immédiat de la présence de l’Envoyé de Dieu, présence qui provoque nécessairement une prise de position de la part de l’homme. Selon que celle-ci est positive ou négative à son égard, les hommes se situent d’emblée en deux conditions contraires. Pourquoi ? Procédant de l’amour du Père, l’Envoyé ne se présente pas comme porteur d’une révélation parmi d’autres : il révèle le Père même et la participation à sa propre vie que le Père offre aux hommes, aboutissement de l’Alliance. La venue du Fils implique dès lors l’absolu de la vérité divine ; mais tout se décide pour l’homme du côté de l’homme, affronté au don de la lumière. Dieu qui aime, veut vivifier ; c’est en traversant le prisme d’un refus à l’égard du Fils révélateur que son amour devient « jugement ».

Ce qui est en jeu n’est pas la croyance en Dieu, mais ce croire spécifique qui reconnaît en Jésus le Révélateur du Père.

Sœur Gabrielle H., SCR

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