La mort : comme un pont suspendu entre deux vallées, comme une barque entre deux berges…
“Il n’a pas dit que tu coulerais Il n’a pas dit que tu sombrerais Il a dit : « Allons sur l’autre bord” ! (Chant de l’Emmanuel)
Le mois de Novembre a une tonalité marquée par le souvenir de nos défunts. La mort se rappelle à nous. Même la nature participe de ce mouvement et accepte de mourir pour renaitre. Mais qu’est-ce que la mort pour nous ?
Je posai récemment trois questions au hasard de mes rencontres : 1- Vous pensez à l’au-delà, quels mots vous viennent spontanément à l’esprit ? 2- Comment avez-vous vécu le départ d’un être proche ? 3- Comment exprimeriez-vous votre « foi » en la « vie éternelle » ?
- Un premier groupe fut rencontré à l’Espace paroissial “Tibériade” à Fougères : tous sont bénévoles à la paroisse. Ce fut un échange libre sans trop de respect des questions. Voici l’expression des uns et des autres :
Sur leur manière d’envisager la mort : C’est une nouvelle naissance, un passage vers la lumière. Dieu n’est pas dans l’espace, il est dans le cœur de chacun. Une autre vie ! Ça reste une interrogation. Des jours oui, des jours non ! La mort, on n’y pense pas forcément, mais il faut s’y préparer ! Face à la mort, je n’ai jamais eu peur ; j’en ai même envie, parce que Dieu est déjà dans ma vie. Pour moi, c’est l’espérance, la joie d’une deuxième vie, comme dit Sainte Thérèse : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». Une incertitude : je n’arrive pas à formuler ma pensée ou mon sentiment. La pensée de la mort ? La joie parce que je pense à l’au-delà. L’espérance pour celui qui, dans sa souffrance, ne demande qu’à partir. Un mystère…, mais je l’aborde de manière plus sereine.
Face au départ de ceux que nous avons connus, aimés, estimés : Son départ m’a laissé un sentiment d’injustice, elle est morte trop tôt, alors qu’elle a consacré toute sa vie aux malades. C’est trop de douleur ! Leur départ laisse un grand vide, et pourtant une présence. Un soulagement après tant de souffrances pour elle et pour l’entourage. Ceux qui nous ont quittés ? On garde un lien avec eux et on peut leur demander de prier avec nous et pour nous. En soins palliatifs : A aucun moment elle ne m’a fait sentir qu’elle était en fin de vie. Et un autre : « Je suis en chemin ». Ce fut la parole de quelqu’un qui savait qu’il allait mourir. Face à la mort c’est le vide, mais ça m’a rapproché de Dieu, car je crois en quelque chose après la mort. Un enfant d’une dizaine d’année : « A la mort d’une fille de mon école, j’étais trop triste, trop triste ! »
- D’autres personnes ont accepté de répondre plus longuement :
- Lors du décès d’une personne proche, après une période de chagrin je me suis dit : « Elle en a de la chance, à 101 ans ! Elle va voir Dieu dans toute sa beauté, et elle va s’entendre dire : “Viens, je t’attendais ! Mon Fils t’a préparé une place depuis longtemps” ». Le ciel, c’est cela pour moi : la joie inouïe de voir Dieu dans toute sa lumière, de lui parler. Que de mercis j’aurai à lui dire. Le ciel, c’est la joie de vivre dans une famille agrandie, avec tous ceux qui nous ont précédés. Sortir de son corps, c’est plus ou moins douloureux. Mais c’est ensuite traverser cette espérance lumineuse qui nous jette dans les bras de Dieu et nous enlève toute peur. Le sourire de Dieu, face à un corps plus ou moins blessé, que ce doit être beau, fort, réconfortant ! (Marie-Thérèse).
- La mort ? Une énigme, un mystère… Mort physique de ce corps qui était animé d’une vie et puis soudain toutes ses fonctions vitales s’arrêtent. La mort c’est la séparation d’un être cher, qui entraine douleur, peine, moment de stupeur, incompréhension. Mais cette vie qui animait ce corps continue à vivre par les autres, par la foi en tant que chrétien. Une nouvelle relation se crée avec le défunt, avec son être spirituel. Jésus nous a promis une autre vie : la mort c’est l’entrée dans la vie éternelle. « Seigneur augmente en moi la foi ! » (Monique)
Chacun pourra trouver sa place dans ce partage et le continuer…
Sœur Bernadette D., SCR, Fougères
