Il était une fois, dans un village lointain, une petite fille qui rêvait beaucoup. Quand elle désirait quelque chose, elle faisait tout son possible pour l’avoir. Mais elle n’était jamais satisfaite. Un nouveau désir atterrissait dans son esprit et elle se disait : « Si j’arrive à l’avoir, alors je serai heureuse ». Mais c’était toujours la déception, l’insatisfaction.
Un jour, après avoir enfin pris conscience de ce à quoi elle rêvait, elle devint pensive. Elle se dit que sa vie ressemblait à celle d’une chèvre qui poursuit des herbes vertes dans un champ, à la fois proche et lointain.
En effet, quand elle n’avait pas atteint l’endroit où se trouvait le champ, elle était nostalgique. Mais quand elle arrivait sur place, elle croyait voir le champ… et elle ne voyait plus l’herbe. Celle-ci se tenait à distance. Elle ne comprenait pas pourquoi l’herbe sèche qu’elle trouvait ne l’attirait pas.
Alors elle s’est demandé : « Et si l’herbe que je poursuis n’était pas verte ? Est-ce une illusion ? Qu’est-ce qui m’empêche de profiter de ce qui est à ma disposition ? »
Elle a alors cessé de poursuivre les herbes vertes et a commencé à observer autour d’elle. Elle s’est rendu compte qu’elle était entourée de verdure. Ce jour-là, elle a compris une chose : lorsqu’on marche en ayant le regard ailleurs, on ne peut pas trouver ce que l’on cherche. C’est seulement lorsqu’on ramène son regard à sa réalité qu’on se rend compte que tout était déjà là. On était juste obsédé par ses propres illusions sur la vie et ses composantes.
À travers l’exemple de la chèvre rêveuse d’un bonheur imaginaire, elle comprit que le bonheur n’est pas quelque chose que l’on acquiert. C’est savoir reconnaître et accueillir l’instant présent, avec tout son lot de joies et de peines. C’est traverser la vie en étant chez soi.
Quand on était petite, on nous disait que le bonheur, sans le nommer, se trouvait dans les choses. Alors on l’a cherché dans les sensations agréables, le prestige, le travail, un compagnon ou une compagne, les statuts sociaux…. On a fait le possible pour le lier à quelque chose. Et pourtant il est là, hors de tout lien. Il faut juste l’accueillir comme un don.
Alors ma petite, arrête de poursuivre des illusions. Concentre-toi sur ce que tu es et tu trouveras ce que tu cherches depuis toujours.
