Les soeurs du Christ Rédempteur
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Maison St Joseph de Chaudeboeuf

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Les soeurs du Christ Rédempteur

Fondée en 1863

La Fondatrice : Chaudeboeuf : le château avant 1930

À trois lieues environ de Fougères et à la limite sud-ouest de la commune et paroisse de Saint-Sauveur-des-Landes de laquelle il fait partie, se trouve le domaine de Chaudeboeuf. Il est devenu hospice de vieillards et malades depuis la donation qui en a été faite à la Communauté de Rillé par Madame la Comtesse Henri de la Haye Saint-Hilaire née Victoire Mouësan de la Villirouet, dite, Madame de Chaudeboeuf, du nom de la propriété.
Victoire-Renée-Gabrielle MOUËSAN de la VILLEROUËT naquit vers 1791. Nous n’en savons ni la date ni le lieu exacts. Ses parents firent partie de cette vieille noblesse dont s’enorgueillissait la Bretagne au siècle dernier. Sa mère mourait le 22 juillet 1813 et trois ans plus tard, Victoire de la VILLIROUËT épousait le Comte Henri de la HAYE SAINT-HILAIRE qui s’était couvert de gloire pendant la guerre d’Espagne. C’était à Lamballe, le 22 octobre 1816. Elle quittait alors le berceau de son enfance pour venir habiter le château de Chaudeboeuf.

Le temps des nouveaux époux se passait entre l’appartement qu’ils possédaient à Rennes et le château de Chaudeboeuf. L’union devait être parfaite entre eux à en juger par la douleur de la Comtesse au décès de son mari. En effet, celui-ci ne vécut pas longtemps puisque le 7 avril 1825 il mourait âgé seulement de 56 ans. Ils n’avaient pas d’enfants et Monsieur de Saint-Hilaire laissait à sa femme toute sa fortune personnelle. Celle-ci tint à exécuter les désirs de son mari, d’où naquit peut-être en elle la première idée vague et confuse d’employer sa fortune à une oeuvre de miséricorde. Dieu dont les desseins sont impénétrables allait se charger de lui révéler ses volontés...

Chaudeboeuf : le château au début de l'oeuvre

Les circonstances dans lesquelles Madame de Saint-Hilaire fut amenée à fonder un établissement de bienfaisance à Chaudeboeuf nous ont été révélées par un manuscrit trouvé dans ses papiers et écrit de sa main le 6 mars 1826, c’est à dire 38 ans avant la fondation de l’Hospice de Chaudeboeuf. En voici des extraits :

"Esprit de lumière et de vérité, daignez m’éclairer de vos divines clartés ; aidez-moi à me rappeler clairement et distinctement les choses que je désire écrire pour me faciliter l’entreprise que je projette et dont, j’espère, vous être l’auteur".

Pendant le premier mois qui suivit la perte si douloureuse de mon mari, je fus dans un état qui ne se peut exprimer... Un samedi, je souffris encore plus qu’à l’ordinaire… Je sentis plus d’anxiété et de peines que jamais. Le lendemain, dimanche, à peine réveillée, je fus éclairée d’une lumière très douce qui remplit mon âme de paix et de consolation...

Je vis un tableau sans figure qui représentait à Chaudeboeuf un établissement de charité. Le désir de mettre cela à exécution pénétra mon coeur ; je ne doutai point que Dieu ne le demandât de moi ; toute la journée, je vis ce tableau et même le lendemain, et j’en fus tout occupée et remplie pendant plusieurs jours. Depuis ce moment, ce désir doux, tranquille, soumis à la volonté de Dieu n’a pas quitté un instant mon coeur et m’a procuré de bien douces consolations...

Dieu permit que, quelque temps après, je m’ouvris de ceci à un ecclésiastique, Monsieur l’Abbé Henri, qui me dit de conserver pieusement tout cela, que certainement cela venait de Dieu, qu’il pourrait m’être utile pour l’exécution, et me demanda des notes là-dessus et me désigna le jour que je pourrais les lui remettre. Je ne pus rien écrire avant le jour indiqué...

Une autre fois, me trouvant à l’église Saint-Germain, une douce lumière éclaira encore l’œil de mon âme ; Chaudeboeuf me fut présenté comme le berceau des miséricordes du Seigneur. Je vis qu’il serait honoré et glorifié dans ce lieu d’une manière particulière et cela remplit mon coeur de la plus douce consolation.

Ces choses que je viens d’écrire étaient tout à fait intellectuelles et nullement imaginaires. Je suis dans la conviction intime qu’elles viennent de Dieu et, aidée de sa grâce, j’espère réussir dans mon projet... Je crois que le moment de commencer cet établissement n’est pas venu et que je dois attendre avec courage et patience le moment de la Providence".

Nous devons constater que ces révélations se sont réalisées...

Officiellement, l’Acte de donation du château et de ses dépendances date du 6 juillet 1863 - par devant Me Marie Chevallier, Notaire à la Résidence de Fougères, Ille-et-Vilaine. Le décret impérial autorisant la Congrégation des Religieuses Adoratrices de la Justice de Dieu ( aujourd’hui Soeurs du Christ Rédempteur, dites Soeurs de Rillé) à accepter cette donation date du 1er avril 1865.

Trente-huit années devaient donc s’écouler entre la mort du Comte Henri et le commencement de l’établissement, en 1863.
À cette date, deux Religieuses vinrent s’installer au château : elles vécurent six ans avec la Fondatrice, Madame de Saint-Hilaire, tout en recueillant les pauvres, les vieillards et les abandonnés, selon leur désir.

Chaudeboeuf : la chapelle St JosephLe 28 septembre 1869, Madame de Chaudeboeuf rendait son âme à Dieu, dans l’appartement qu’elle possédait à Rennes, proche du couvent de l’Adoration rue d’Antrain. Elle fut ramenée à l’ Établissement qu’elle avait fondé et repose au milieu de la chapelle.

Les Soeurs de Rillé à Chaudeboeuf :

La première de ces religieuses et Supérieure fut Soeur Marie Paphenus (Louise Genée, du Vivier). La religieuse qui l’accompagnait fut Soeur Marie Césarie (Joséphine Mobèche, de Laignelet). En 1865, Soeur Marie Paphenus fut remplacée par Soeur Marie Barthélémy (Joséphine Madeline, d’Argentré).

Les débuts durent être héroïques comme dans toute oeuvre stable. Ce n’était pas le grenier de Laignelet, mais il n’y avait pas non plus beaucoup de confort au château de Chaudeboeuf dont on nous dit que la plus grande partie menaçait ruines. Avant qu’elles eussent un Aumônier, elles allaient deux fois par semaine, nous dit-on, à la messe dans leur église paroissiale, à Saint-Sauveur-des-Landes, faisant quatre à cinq kilomètres par des chemins détrempés de pluie.

Chaudeboeuf : le pavillon des femmes jadisL’hospice de Chaudeboeuf, placé sous la protection de Saint Joseph, fut un asile pour les pauvres, les déshérités, les fils du peuple.
Sa clientèle se recruta parmi la gent paysanne ou ouvrière dont les pouvoirs publics se sont désintéressés trop longtemps : petits fermiers, ouvriers agricoles, humbles servantes de fermes, couturières de hameaux, vieillards abandonnés ou dont les enfants avaient émigré vers la ville, indésirables des familles, infirmes encombrants, oncles et tantes sans héritages. Ils venaient de partout, principalement de la région de Fougères à la foi vivace.

Chaudeboeuf : le pavillon des hommes jadisIls venaient, préférant l’hospice de Chaudeboeuf aux hospices publics afin d’avoir plus de facilité pour remplir leurs devoirs religieux.

Chaudeboeuf reçut aussi une autre catégorie de déshérités : ceux dont l’intelligence devait rester bornée ou dont les facultés mentales anormales ne pouvaient leur permettre de gagner leur vie rationnellement.

Il y eut bien quelques pensionnaires dont les moyens un peu plus considérables leur donneraient possibilité d’avoir une chambre particulière. Ils furent toujours le petit nombre et ne firent jamais partie de la bourgeoisie.

Chaudeboeuf eut aussi son pavillon d’Enfants. Dès 1875, on recueillit des enfants chétifs placés là par les familles, les docteurs, les dispensaires, pour bénéficier de l’air de la campagne. Ou bien ce furent des enfants qu’un vice de famille, l’alcoolisme ou le divorce rendait orphelins ou moralement abandonnés.

Chaudeboeuf : groupe d'enfants fin 19e ou début 20e Chaudeboeuf : le pavillon des enfants jadis

En 1892, au moment où Monsieur l’Abbé Courtel prit possession de l’Aumônerie, les Soeurs desservant l’établissement étaient au nombre de 16.

Qu’attendait-on de ces religieuses ?

De la compétence, bien sûr. Il fallait savoir soigner ces pauvres corps atteints de multiples façons ; mais surtout il fallait avoir au coeur l’amour des malheureux, se remplir de patience, d’abnégation, de dévouement, de charité, ne pas craindre sa peine, changer son pauvre coeur humain et naturel avec le coeur du Christ et se pencher comme Lui sur la pitoyable misère physique et morale.
Il fallait avoir entendu la parole du Maître : "Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous l’aurez fait"...

Chaudeboeuf : communauté des soeurs mars 1957Matériellement, la maison de Chaudeboeuf devait aussi s’entretenir et se développer. Dès 1891, il est fait mention de grosses réparations à la partie principale du château. Les travaux de la ferme et de ses dépendances furent entrepris dès 1892. On rapporte que les religieuses s’astreignaient à aller en "service" chez les voisins pour que ceux-ci, en échange, puissent leur donner les journées de "charroi" nécessaires.

Chaudeboeuf aujourd'hui : un groupe de personnes handicapées avec leur monitricesLe 3 octobre 2003, le "village de Chaudeboeuf" était en liesse pour marquer les 140 ans de l’arrivée des premières Soeurs à Chaudeboeuf. Au début de la célébration eucharistique, Monsieur Pollono, alors directeur de l’établissement après Monsieur Gondolle, (1er directeur laïc), a retracé son histoire et félicité la Congrégation pour cette oeuvre qualifiée d’ "oeuvre de la Miséricorde de Dieu".
Des laïcs ont pris la relève des Soeurs et essaient - au sein de l’Association "Anne Boivent" - de travailler dans le même esprit près des personnes âgées et/ou handicapées.

Bien sûr, la Maison a changé de visage au fil des ans. Des pavillons nouveaux ont poussé, des services ont évolué pour un accueil diversifié et adapté aux besoins des résidents :
-  Chaudeboeuf : le pavillon récent (2006) "La Bretonnière"Accueil de personnes âgées et de personnes handicapées vieillissantes
- Foyer de vie
- Foyer d’accueil médicalisé

Depuis 1998, la Maison St Joseph est un des établissements de l’Association Anne Boivent.

Une Communauté de soeurs (ayant atteint l’âge de la retraite professionnelle) demeure présente au coeur de la Maison "Saint-Joseph".

Logo de l'Association Anne Boivent

Pour en savoir plus :
EHPAD de Chaudeboeuf
Foyer de Vie
Foyer d’Accueil Médicalisé

Sr H R, d’après les Archives de Rillé - Fougères