Musique et Justesse

Juste une image de ce qu’est la Justice entre Dieu et l’homme, entre l’homme et Dieu, entre les hommes entre eux.

Pour essayer de mettre des mots sur ce que peut être la Justice en Dieu, la Justice en l’homme, je vais prendre un symbole emprunté à la musique. Qu’il s’agisse de voix ou d’instruments de musique, il y a une exigence, c’est la justesse. Une justesse qui se réfère à une note initiale, absolue, le LA obtenu au diapason et qui correspond à un son immuable.

Quand un orchestre se prépare à jouer une œuvre, un temps d’accordement des instruments est nécessaire. Le LA est donné, et le violoniste, par exemple, accorde une corde de son violon sur cette hauteur de son très précise, puis les autres cordes par rapport à cette première. Chaque musicien fait ce même ajustement, chacun selon la particularité technique de son instrument. Cela se fait dans un tâtonnement, un travail à base d’écoute, de patience pour tendre la corde ou au contraire la détendre, de recherche pour trouver la bonne longueur du corps d’un instrument à vent etc… Souvent, de très légers ajustements. Pendant ce travail l’orchestre est le lieu de tout autre chose que de la musique : ce sont des grincements, toutes sortes de sons désagréables, d’éléments perturbateurs dans l’émission du son. Passage obligé avant le commencement d’une œuvre que l’on désire harmonieuse.

Pour bien s’accorder, il faut abandonner quelque chose de soi, se calquer sur ce qu’on entend de l’autre : une dépossession, une humilité pour se recevoir juste d’un autre. Une passivité et une activité. Une persévérance : en effet c’est toujours à refaire (entre chaque morceau il faut revisiter son instrument) pour une finesse de réglage.

Quand il s’agit de la voix, c’est un travail sur soi, et par rapport aux autres chanteurs qui s’impose. Cela demande beaucoup d’écoute, d’exercices, de désir de beauté. Au terme, les voix deviennent confortables, sans effet de puissance les unes sur les autres, belles dans leur particularité, mais prêtes à chanter toutes ensemble. Là encore, c’est toujours à refaire… Mais alors, on aboutit à une communion, une alliance où chacun trouve sa place dans l’harmonie, la plénitude, la satisfaction, le plaisir, la pureté, la joie.

C’est JUSTE.

Chorale de Rillé Fougères

Sr Anne M., SCR

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