Nicodème, le visiteur de la nuit

Le dimanche 14 Mars, l’église propose à notre méditation, la fin du discours de Jésus à Nicodème, ce visiteur de la nuit. Nous ne nous arrêterons que sur quelques versets.

Le dimanche 14 Mars, l’église propose à notre méditation, la fin du discours de Jésus à Nicodème, ce visiteur de la nuit (cf Jean, 3,14-21). Nous ne nous arrêterons que sur quelques versets où, à travers la figure du serpent d’airain, le discours de Jésus se révèle enraciné dans l’Ancien Testament.

En effet, le serpent élevé dans le désert, d’après Nombres 21,4-9, arrachait à la mort les Hébreux infidèles. De cet épisode mystérieux, retenons ceci :

Le serpent était élevé sur un étendard comme le Fils de l’Homme sera élevé sur la Croix. Par ce rite - dont la signification est bien explicitée dans le livre de la Sagesse 16,7 : « car celui qui se tournait vers lui était sauvé, non par ce qu’il avait sous les yeux, mais par toi, le Sauveur de tous » - le peuple d’Israël, menacé de mort parce qu’incroyant, était sauvé. Car le salut vient de Dieu. Ainsi la référence au serpent d’airain rattache la venue de Jésus aux événements de l’Exode, Jésus est le nouveau Moïse.

Nicodème, le visiteur de la nuit

Car Dieu a tant aimé le monde… Nous avons ici la première occurrence du verbe « aimer » (agapaô, 37 fois dans l’évangile) et il a Dieu pour sujet comme pour nous signifier que c’est Dieu qui est la source de tout amour. L’affirmation situe Dieu et son amour comme la réalité fondatrice, absolue. Aucune réciprocité de la part du monde n’est suggérée. L’amour précède tout, comme dans le Prologue de St Jean la lumière divine du Logos existe pour tout homme avant la ténèbre. Le Dieu qui aime a exclusivement pour dessein le salut et la vie.

Les v. 16.17 ne se contentent pas de célébrer l’amour de Dieu, Lui qui a donné le Fils unique, ils mettent en très grand relief le but de ce don : au v. 16, accorder la vie éternelle aux croyants ; au v.17, vivifier les hommes avec sa propre vie et non les juger.

Mais, quelle est la condition de l’obtention de la Vie éternelle ? Le mot clef est le verbe croire. On ne peut accéder à la Vie éternelle que par la foi en ce Fils unique, venu attester l’amour de Dieu dans le mystère de son Incarnation. On pense entendre comme un écho du Prologue de St Jean : « A ceux qui croient en son nom il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (1,12). Croire en Jésus, c’est immédiatement avoir la vie (3,36 : Qui croit dans le Fils a la vie éternelle ; 5,24 ; 6,47) ; inversement, par le refus de croire, l’homme s’autodétermine pour la Mort qu’implique bibliquement le verbe « être jugé ». Ce qui est en jeu n’est pas la croyance en Dieu, mais ce “croire” spécifique qui reconnaît en Jésus le Révélateur du Père.

Entretien de Jésus avec Nicodème

Faire la vérité ne signifie donc pas ici « pratiquer » honnêtement la morale requise, mais répondre à l’attrait exercé par la Parole de Dieu adressée à Israël. Se laisser conduire par ce premier attrait, c’est « venir à la lumière » qu’est Jésus, lorsqu’il se manifestera.

Cette manifestation de la présence du Fils de l’homme à tout homme, c’est ce que Nicodème a vécu en venant de nuit à Jésus et c’est ce à quoi nous sommes invités nous aussi.

Sr Gabrielle H., SCR

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