Ouagadougou : Université populaire de ATD Quart Monde

A l’invitation de Sœur Bertine D., SCR, le 20 mars 2021 j’ai participé à Ouagadougou à l’Université Populaire d’ATD Quart Monde, qui avait comme thème cette année : COVID 19

Sr Bertine, SCR, qui œuvre à ATD Quart Monde de Ouagadougou

A l’invitation de Sœur Bertine D., SCR, le samedi 20 mars 2021, j’ai participé à Ouagadougou à l’Université Populaire d’ATD Quart Monde/Agir tous pour la dignité, qui avait comme thème cette année : COVID 19. L’Université Populaire (UP) est un échange d’expérience à égalité, un partage du savoir, elle veut créer des attitudes pour la dignité de chacun.

Les invités à l'U.P d'ATD Quart Monde (Ouaga)

A cette rencontre était présents : Plusieurs représentants ou délégués des ministères de la santé, de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire ; les représentants de l’association burkinabé du bien-être familial et de l’Arche ; les délégués régional et général adjoint d’ATD Quart Monde.

Après l’accueil et la présentation des délégations et invités, une lecture des contributions recueillies près de cinq groupes d’ATD a été faite :

  • « Comment chacun arrive à vivre avec la “COVID 19” » ? Ce virus a cassé le rythme de la vie, a bloqué toutes activités, a bousculé nos habitudes (ne plus se saluer en se donnant des poignées de mains, s’éloigner de l’autre, pour nous c’est un manque de respect de la personne). Ce virus a accentué la misère, les angoisses : comment respecter les mesures d’hygiène, se laver les mains, si tu n’as pas d’eau, de savon ? Les démarches administratives ou les courses dans les magasins nous ont demandé une adaptation aux mesures barrières : lavage des mains, port du masque, distanciation (attendre dehors sous le soleil son tour s’il y avait affluence).
  • Qu’est-ce que le COVID 19 nous a appris ? Que tous les hommes sont égaux, que l’homme est vulnérable (les plus forts ne sont pas toujours les plus forts). Cette situation a réveillé un élan de solidarité, les gens se sont mis ensemble pour chercher des solutions. Toute une sensibilisation a été faite sur l’importance de l’hygiène (ne plus cracher dans le vide) pour sauver sa vie et celle des autres.
Deux médecins répondent aux questions

Après ce partage, des réponses ont été données par deux médecins aux questions des participants :

  • Pourquoi les personnes âgées meurent plus que les jeunes ? Leur immunité ne leur permet pas de lutter contre la maladie, d’où la nécessité des mesures barrières, du respect de l’hygiène, de la désinfection des lieux communs. L’homme est responsable, on détruit les forêts, on mange des animaux sauvages porteurs de virus, en voyageant on transmet les maladies (Ebola).
  • Comment est-on parvenu à se mobiliser en un temps record pour avoir le vaccin COVID 19 ? Le monde a été mis à genoux, la solidarité internationale a permis de se mobiliser pour trouver une solution.
  • Est-ce que la maladie n’a pas été créée pour les riches ? La pandémie n’a-t-elle pas été inventée pour les Africains afin de nous détruire ? A l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), tous les continents sont représentés, travaillent ensemble. Des Africains y sont à l’œuvre : est-ce qu’ils vont accepter qu’on fasse mourir leurs frères, leurs sœurs ? Sur tout produit pharmaceutique ou tout vaccin qui arrive au Burkina, des échantillons sont prélevés pour être analysés au centre Muraz à BOBO DIOULASSO.
  • Que ferait l’Afrique si la propagation du COVID 19 avait la même intensité que dans l’Europe et l’Amérique ? Le Burkina a pris assez rapidement des mesures barrières, dès mars 2020. Le nombre des cas en décembre a dépassé celui du mois d’avril 2020. La vigilance doit toujours être là. La mutation du virus fait que les jeunes peuvent être atteints. Des tests rapides sont disponibles dans les hôpitaux, les centres médicaux, bientôt dans les CSPS. Le Burkina dénombre 12 000 personnes ayant contracté la maladie, 145 décès dont 3 agents de santé.
Interventions finales des délégués d'ATD

L’Université Populaire s’est achevée par l’intervention de la Déléguée Régionale qui a repris cette phrase : « Que celui qui croît ne pas savoir, apprenne à celui qui croit savoir » et par l’intervention du Délégué Général qui a insisté sur « la solidarité (être ensemble pour agir), sur la nécessité d’aller à la rencontre des hommes, de faire connaître le savoir des plus pauvres, de favoriser la réussite éducative de tous les enfants ».

Notre spiritualité de Sœurs du Christ Rédempteur donne à notre œuvre d’évangélisation certains accents : « Que, par nous, chacun se sente reconnu et aimé. Alors nous verrons “les boiteux marcher”, “les malades guérir” et peut-être les uns et les autres découvrir quelque chose du visage de Dieu » (Règle de Vie, n°65).

Sœur Angèle F., SCR (en mission au Burkina Faso jusqu’au 5 avril 2021)

Fresque du lieu d'accueil d'ATD STOP Pauvreté !
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