En juillet 1964, Sr. Marie-Hélène (Germaine Gary) écrivait un journal de bord de ses vacances avec les enfants de Gaifleury à Saint-Georges-de-Reintembault, organisées par la colonie de Saint-Benoît. Elle était accompagnée par Sr. Raymonde (Marguerite Desblés) et par des abbés. Des bienfaiteurs les accueillaient à proximité de la mer, près de Cancale. Les vacances étaient organisées : tous les jours, trois enfants étaient nommés à la réalisation de certaines tâches (réfectoire, vaisselle et ménage).
Lorsqu’il pleuvait, des ateliers (modelage en plâtre, vannerie) étaient organisés pour mettre de « bonne humeur malgré le mauvais temps ». En fin de journée, c’était souvent le moment de la baignade à la mer, suivie du goûter. Les enfants chantaient et jouaient (au foot, à la pétanque ou au rugby). À certains moments, des veillées amicales clôturaient la journée.
Voici les annotations de Sr Marie-Hélène durant ses vacances avec les enfants :
Dimanche 12 juillet : jour de la solennité de saint Benoît, église spécialement décorée ; après la grand-messe, un petit tour à la grève, naufrage du seau, sauvetage rapide ; danses des cow-boys et du soldat (danses écossaises) ; le beau temps se maintient, la bonne humeur aussi, parties de boules sur la grève ; super nouvelle du Tour de France : Poulidor bien en vue [1].
Mardi 14 juillet : sainte République, séjour sur l’anse du Guesclin, événement sensationnel ; les jeunes jouissent de la mer avec le sable fin, Dieu merci ; délicieux souper avec yaourts sucrés à la poudre d’orange, dernière visite à la mer, prière face à l’immensité.
Mercredi 15 juillet : à 8 h 45, Ricoré bien chaud avec tartines de confiture. Tout le monde est de bonne humeur, départ vers l’anse du Verger ; salut à Notre-Dame en sa coquette chapelle. Ayant le pied montagnard, nous escaladons les rochers, puis, empruntant des sentiers de chèvres à travers fougères et landes, nous arrivons gaillardement à la pointe du Grouin ; chacun dit « on resterait bien ici », mais il faut repartir. Nous retrouvons les mêmes sentiers accueillants malgré les épines, stop à l’Anse du Verger, baignade en règle et douche municipale gratuite, goûter, prière dirigée par l’Abbé Marcel qui donne un bouquet spirituel, retour par les rochers, souper avec ambiance, clair de lune bien supérieur à celui de Maubeuge.
Jeudi 16 juillet : pliage des couvertures et vêtements de nuit, transport du foin à la fourche, nettoyage du dortoir redevenu grange, les enfants sont à la plage pendant qu’on prépare les repas froids du midi, départ à la Guimorais (Saint-Coulomb) ; à l’arrivée bain rafraîchissant malgré la peur de l’eau… Des grosses vagues.
Nous installons notre salle à manger face à la mer sur un terrain vallonné, à l’ombre de verts cyprès tout près d’une ferme accueillante qui nous fournit l’eau vive et rafraîchissante ; repas terminé : nos gars s’installent sur les pentes suivant les goûts. Certains comme les lézards recherchent le soleil, gare aux coups de soleil, on en aura de cuisantes nouvelles et des aïe, aïe, aïe !.. D’autres font la sieste tranquillement. Notre révérend Père, un peu à l’écart, récite pieusement son bréviaire. Notre révérende Mère essaie de rassembler ses nombreuses idées et de son écriture pondérée les confient au papier pour sa Mère supérieure. L’Abbé Clément, remarquable par son petit plastron triangulaire, rouge carmin, part pour un moment dans le pays des rêves… Il est maintenant frais et dispos. En route pour la plage, par de nouveaux sentiers de chèvres, une descente difficile pour les Sœurs, mais une main secourable les aide à franchir les difficultés sans bras ni jambes cassées, elles ont bien sauté ! Souper avec Sœur Sourire (2e disque).
Jeudi 23 juillet : nouveau plaisir à la grève, confection d’un cerf-volant par M. l’Abbé Clément, peut-être ce jouet se décidera-t-il à prendre son vol pour de bon demain ? Le 24 juillet, nouvel essai de lancement du cerf-volant vraiment peu audacieux pour aller dans l’espace…
Vendredi 31 juillet : dernier jour. Maintenant, nous attendons le car qui nous amènera à Gaifleury ; tous sont heureux malgré le ciel un peu gris.







