Voici une histoire vraie racontée par sœur Léonie, infirmière néerlandaise, qui fut envoyée en mission à Tambaga (Burkina Faso) en 1961.
Un jour, un homme amène un petit enfant à la Mission. Il avait été piqué par un serpent. Ils venaient de loin, de la brousse. À peine entrés dans le dispensaire, le petit bonhomme tombait dans le coma. Il saignait de partout. Il avait été amené à bicyclette et le venin avait déjà fait son travail. Vraiment, je ne pouvais rien faire. Le papa, fou de douleur, courait partout, revenait… Et moi, j’allais voir l’enfant plusieurs fois par jour. Au bout de 2 ou 3 jours, Robert (l’aide au dispensaire) me dit : « Ma sœur, l’enfant est à l’agonie. Vous verrez : demain matin, cet enfant ne sera plus là ».
Je retournai à la maison et allai prier. Et, d’un coup - chose étrange – je me vis à genoux à l’église de Stramproy (Pays-Bas), le 16 Juillet 1961 (jour de mon envoi en mission). Monseigneur posait les mains sur moi et me disait : « Quand vous imposerez les mains à vos malades avec confiance et beaucoup de foi, le Seigneur, par vous, pourra les guérir ». Je me dis en moi-même : « Depuis que je suis là - cela fait deux ans - je n’y ai jamais pensé ! » Je me mis à genoux à côté de l’enfant et je dis au Bon Dieu : « Quand vous étiez sur terre, vous disiez : Allez, lève-toi et marche ! Et moi, je crois que vous m’avez envoyée, que l’Église, ma Congrégation m’ont envoyée. Je vous demande pour votre plus grande Gloire de guérir cet enfant ». Je donnais la main à l’enfant et disais au Seigneur : « Je suis sûre que vous allez le guérir… » De tout mon cœur, j’y croyais.
Je suis revenue à la maison. Il faisait chaud. Je dormais la nuit sous la véranda. Je me suis réveillée au milieu de la nuit et j’ai dit : « Le papa n’est pas venu. Merci mon Dieu. Je suis sûre que l’enfant est guéri ».
Le matin, je suis partie de bonne heure à l’église. Après la messe, j’ai vu accourir Robert au-devant de moi. Il avait vu l’enfant avant moi. Il ne savait rien de ma prière. Il me prit par les épaules et me dit : « Ma Sœur, ma Sœur, l’enfant n’est pas mort. Il est complètement guéri. Qu’est-ce que c’est que ça ? Qui a fait cela ? » Je suis entrée au dispensaire, j’avais les jambes de laine. L’enfant, mourant la veille au soir, était assis sur son lit et me dit : « Bonjour ma Sœur. Je veux manger et partir à la maison ».
Pendant ce temps, le papa et le papy couraient par le village dire leur joie de voir l’enfant guéri. Revenant au dispensaire, le papa me dit : « C’est toi qui as fait cela ? » Je dis : « Non, c’est Jésus de Nazareth. Moi j’ai prié, c’est tout. Je suis une pauvre créature qui fait de son mieux, qui a besoin du pardon de Dieu chaque jour, comme tout homme ». « Mais pourquoi le Bon Dieu a-t-il fait cela ? C’est parce que vous êtes de Jésus et que vous y croyez, vous ». Trois fois le papa me dit : « C’est toi qui as fait cela ? » - « Non c’est Jésus de Nazareth… » - « Dans ce cas il faut que nous lui disions merci, que nous lui disions notre louange… »
Quelque temps après, le papa est revenu avec une bande de gens : des musulmans, beaucoup de païens, des chrétiens… Et Robert est monté sur un tabouret et a dit : « Écoutez-moi. Tout le monde a vu hier soir l’enfant qui était en train de mourir et, aujourd’hui, nous le voyons guéri. C’est Jésus de Nazareth qui a fait cela. C’est de Lui que nous parlent les Pères et les Sœurs… ». Et les gens se sont mis à louer, à prier - les bras en l’air - en disant : Dieu, merci, merci ! Comme c’est bien ! Comme c’est bien !
Je repartis à la maison pour déjeuner, mais je n’avais pas besoin de pain… Ce fait m’a redonné du courage pour continuer à prier et à croire à l’Amour et à la Miséricorde de Dieu. L’enfant, heureux, en sortant a grimpé sur un arbre. C’était incroyable… mais croyable ! Quand on croit à l’Amour et à la Miséricorde… Merci mon Dieu !
Sœur Léonie THIJSSEN, SCR, en 1963, quand elle était en mission au Burkina Faso
