Tibhirine, 17 ans après…

17 ans après l’assassinat des sept frères à Tibhirine, Hubert et Anne PLOQUIN ont été envoyés par la DCC au monastère. Ils témoignent à Rillé de ce qu’ils ont vu et et vécu là-bas.

Hubert et Anne PLOQUIN, envoyés par la DCC* au monastère de Tibhirine (Algérie) 17 ans après l’assassinat des sept frères en 1996, sont venus à la Maison-Mère de Rillé témoigner de ce qu’ils avaient vu et vécu là-bas.

Monastère de Tibhirine

Ils sont partis fin décembre 2011 et ont fait de nombreuses rencontres avec les gens du pays. Quand ils en parlent, ils ne disent jamais : « Musulmans », mais « Algériens ». Dans ce nom, beaucoup de respect de la part de Hubert et Anne. Leur témoignage nous a fait participer à ce qu’ils ont vécu pendant ces 18 mois.

Ils ont habité le monastère et prié dans la chapelle des moines qui a été rénovée. Ils ont travaillé ; ils ont accueilli des gens de tous pays venus en pèlerinage.

Dans la chapelle, plusieurs éléments parlent de vendange. L’autel est constitué d’un pressoir ; des cuves à vin ornent les céramiques tapissant maintenant les murs. Tout cela rappelle le travail des moines, et le sacrifice de leur vie.

Avec des amis algériens

Hubert et Anne ont souvent été accueillis par leurs « amis » des alentours, soit pour un échange autour d’un café, soit pour une fête familiale. Ce qui les a beaucoup frappés, c’est l’hospitalité des Algériens. Là-bas, c’est sacré. Tout est dit ainsi de leur relation avec quiconque, y compris de l’étranger.
On a du mal à penser à l’accueil qui leur est réservé parfois en France ! Malgré tout, quand ils quittent notre pays et reviennent dans le leur, ce qu’ils regrettent c’est la liberté dans laquelle nous vivons en France, la liberté des personnes…

En Algérie, Hubert et Anne ont rencontré des communautés chrétiennes aux visages très différents de ce que nous connaissons en France. Une « communauté » peut ne compter que trois ou quatre membres… Pour les visiter, d’énormes distances sont à parcourir (15 heures de trajet pour la plus éloignée qu’ils ont visitée !).

Tombes des serpt frères assassinés

Hubert et Anne ont terminé leur témoignage en nous invitant à la prière du Notre Père dite par nous en français, et par eux en arabe.
Que nos sept frères prient le Père avec nous, pour nous, pour tous ceux dont ils se sont faits si proches.

Sr A.M., SCR, Fougères

* DCC : Délégation Catholique pour la Coopération

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