Clinique Ste-Anne,1914-1918

Comment les sœurs infirmières ont vécu la première guerre mondiale à la clinique Sainte-Anne (boulevard Volney à Rennes), devenue hôpital militaire d’août 1914 à mars 1919.

Clinique Sainte Anne

La clinique Sainte-Anne est fondée à Rennes par le docteur Dayot, professeur à l’école chirurgicale de médecine de Rennes. Il propose à sœur Marie du Crucifix, supérieure générale de la congrégation des Filles du cœur Immaculé de Marie, d’en prendre la direction.

Un terrain est acheté en dehors de la ville, non loin du château de Maurepas, au lieu-dit « Prairie Meneust ». Les bâtiments commencés sont achevés en 1896. La mission des sœurs commence.

La première guerre mondiale débute et, le 1er août 1914, le docteur Dayot met à la disposition du service de santé 40 lits pour les blessés. Le rez-de-chaussée et les chambres de la clinique sont transformés pour les accueillir. Plusieurs personnes se mobilisent pour donner des lits, sommiers et matelas.

Durant le conflit, la Croix Rouge américaine (American Red Cross) réalise des dons réguliers de fournitures médicales à la clinique pour permettre les soins aux blessés.

« Le 4 novembre 1914 : après trois mois d’attente, nous avons reçu ce jour et les suivants 40 blessés, pour la plupart gravement atteints. Les 3 premières semaines ont été pour les sœurs très pénibles : le service n’étant point organisé pour ce genre de malades, les infirmiers militaires point habitués et les malades très souffrants ».

Durant ce premier mois, cinq soldats sont morts, dont un âgé de 23 ans, il était l’aîné d’une famille, sa mère veuve perd son deuxième fils à la guerre.

Soldats blessés, clinique Sainte-Anne, 1914

Un soldat sénégalais, Birame Seck demande le baptême et l’instruction catholique après six mois passés à la clinique. Il est baptisé Hippolyte Marie Joseph. Il est décrit comme « un homme calme et intelligent ». Lors de sa première communion, le capitaine Kieffer tient l’harmonium, les officiers cotisent pour offrir un ornement à la chapelle, et la mère d’un blessé confectionne une nappe de communion en dentelle.

Soldats, clinique Sainte-Anne, 1914-1918

Les sœurs ont partagé les peines et souffrances des soldats blessés à la guerre, et elles les ont soutenus avec compassion. L’armistice sonne le départ des blessés, l’hôpital militaire ferme quelques mois après, le 23 mars 1919.

D’après les archives de la Congrégation des Filles du Cœur Immaculé de Marie, aujourd’hui Sœurs du Christ Rédempteur.
Angélique Z., archiviste à Rillé-Fougères
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