Frère, mon frère…

Frère, mon frère…
Frère d’hier, je refuse de t’appeler ennemi aujourd’hui.
‎Même quand ton arme crache son feu,
‎mon cœur hurle encore : frère !
‎Tes balles déchirent mon âme comme un tissu,
‎mais mon dernier souffle murmure : frère.
 
‎Quand tu m’arraches tout, même mon toit,
‎quand tes lois m’étouffent, je t’appelle frère.
‎Quand tu m’obliges à l’exil, à l’errance,
‎je t’appelle frère, malgré la douleur.
 
Quand tu violes nos sœurs, nos femmes,
‎quand tu égorges nos enfants sans pitié,
‎je t’appelle frère, avec des larmes.
‎Parce que nous sommes nés de la même terre,
‎parce que nos mères nous ont portés ensemble.
 
Quand tu me voles mon pain, mon droit,
‎quand tu me condamnes à la faim, à la peur,
‎je t’appelle frère, avec colère.
‎Parce que je sais que tu es manipulé,
‎parce que je sais que tu es aveuglé.
 
Frère, mon frère,
‎je t’en prie, arrête.
‎Dépose ton arme, regarde-moi.
‎Je suis ton frère, ton sang, ta chair.
‎Ne laisse pas l’ennemi nous détruire.
 
‎Je t’attends, frère.
‎Reviens !
 

Sr Agnès Yonli, SCR, Piéla (Burkina Faso)

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