Je lui demandais, alors de m’en raconter l’histoire et ce que cette fête représente aujourd’hui, à Mexico. Voici son témoignage :
Première apparition : le 9 décembre 1531 au nord de Mexico, sur la colline de Tepeyac. Marie implore Juan Diego Cuauhtlatoazin, indigène de langue nahuatl, de demander à l’évêque Juan de Zumárraga d’ériger une chapelle. Sceptique, le prélat exige d’avoir une preuve de l’apparition. A l’aube du 12 décembre, la Vierge envoie Juan Diego cueillir des fleurs sur la colline pour les porter au palais épiscopal.
L’évêque, impressionné par de si belles roses de Castille en plein hiver, voit l’image de la Vierge s’imprimer en couleurs sur le manteau (ou tilma) de Diego. Une première chapelle est construite où sera exposée la cape de Juan Diego, faite de fibres de maguey (cactus) avec l’image de la Vierge. Actuellement, la tilma se trouve derrière l’autel principal de la basilique moderne où on peut l’observer. Cinq siècles plus tard, la cape est intacte et fait l’objet de nombreuses études scientifiques.
La Vierge de Guadalupe appelée la Morenita (métisse) est omniprésente au Mexique, non seulement dans les lieux sacrés, mais aussi dans maisons, écoles, hôpitaux, bureaux, usines. Le sanctuaire reçoit 23 millions de visiteurs par an (c’est l’équivalent de la population de Mexico), dont la moitié en décembre. Dans la nuit du 11 au 12 décembre, à l’intérieur de la basilique, les mariachis célèbrent l’anniversaire de Marie. Des milliers de fidèles se pressent à l’intérieur et sur l’esplanade dans le froid hivernal, à 2200 m d’altitude pour vénérer leur mère Tonantzin. Le 12 décembre, la Morenita de Tepeyac est également fêtée à Notre-Dame de Paris par la communauté mexicaine.
Lors de mon premier séjour au Mexique en 1986, j’ai découvert avec beaucoup d’émotion l’immense sanctuaire de Guadalupe, et l’image de la Vierge a bouleversé mon chemin de vie. Depuis, je vais régulièrement me recueillir dans la nouvelle basilique de Guadalupe, inaugurée en 1976. La ferveur des nombreux fidèles m’impressionne toujours. Je gravis souvent les nombreuses marches qui me conduisent à la chapelle plus intime del Cerrito au sommet de la colline dominant Mexico.
La Vierge de Guadalupe m’accompagne jour après jour, partage mes joies et mes peines et je lui suis infiniment reconnaissante.



