Le Jeudi-Saint de ma communion privée

Le Seigneur est pour moi le refuge qui me sauve, il est mon guide, il me nourrit, et cela depuis mes 5 ou 6 ans.

A cette époque (dans les années 1945-1950), vers 7 ans, nous faisions notre toute première communion appelée “communion privée”, le jeudi-saint au matin dans notre paroisse. Qu’il pleuve, vente ou fasse soleil, nous revêtions des tenues de printemps : chaussettes, jupe ou robe (pour nous les filles) et veste confectionnées par la couturière du village.

Ce jour-là, j’arrive à l’église avec maman, ma grand-mère, mes sœurs, mon frère. Je les quitte pour m’installer dans les premiers rangs où nous étions accompagnés par les Religieuses. Le recteur de la paroisse nous avait bien préparés, garçons et filles, pendant le catéchisme, d’abord pour la première confession. J’avoue que la peur malmenait plutôt notre vessie quand le guichet du confessionnal s’ouvrait. Nous récitions ce que l’on nous avait appris pour l’accusation de nos péchés (véniels).

Le Jour « J » de notre première communion, parvenus à l’église à jeun comme il se devait à l’époque (un jeûne de trois heures avant la messe !), nous prenons nos places respectives. L’attente se fait longue… Enfin, nous voici tous agenouillés le long de la sainte table, les mains jointes, impatients et tremblants… Le prêtre arrive avec un enfant de chœur qui nous met la patène sous le menton et la sainte hostie est déposée sur notre langue : surtout ne pas la mordre, mais l’avaler sans y toucher. Nous revenons à notre banc la tête baissée, essayant de parler à Jésus.

Les parents nous suivaient de près tout au long de notre préparation et le prêtre les admonestait pour qu’ils restent notre exemple. De beaux chants terminaient la cérémonie, et une bonne brioche nous était offerte à la sortie : le jeûne ça creuse, avec en plus un long chemin de 3 kms ! Avec le Concile, le jeûne fut supprimé, mais cela n’empêcha pas ma grand-mère de continuer à nous offrir des brioches à la sortie de la messe.

Maintenant, j’étais devenue une paroissienne à part entière, et aucune exception n’était de mise pour suivre le Christ, dans cette pratique régulière qui me mènerait bientôt à la Confirmation.

Merci à mes parents de m’avoir donné cette éducation religieuse qui, par la suite, s’est épanouie dans ma Consécration Religieuse.

Sœur M. Françoise C., SCR, Rillé

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