Mobilisation des sœurs infirmières durant la Première guerre mondiale

Les sœurs œuvraient aux soins des blessés de guerre. Des archives de la Congrégation témoignent de la vie des sœurs au service des victimes.

Plusieurs sœurs du Christ Rédempteur deviennent infirmières afin d’atténuer les douleurs des malades. Durant la Première guerre mondiale, toutes les sœurs du Christ Rédempteur ont contribué à l’effort de guerre, notamment par leur mobilisation auprès des blessés de guerre par l’intermédiaire de la Croix Rouge Française et des ministères de la Guerre et de la Santé publique. Cet article retrace le début de la guerre vécu au sein de la Communauté de Rillé ainsi que la mobilisation des sœurs de la Congrégation.

En 1914, les locaux et le mobilier dédiés au Noviciat, au Pensionnat et à l’Institut des sourds et muets sont réquisitionnés pour créer un hôpital militaire à Rillé nommée Hôpital complémentaire n° 29. Toutes les religieuses libres ont pris une nouvelle fonction, celle de gestionnaire, de cuisinière, de couturière et d’infirmière afin de subvenir au besoin de l’hôpital. Ainsi la vie et la mission des sœurs se sont transformées, et en particulier celles de cinq sœurs :

  1. Livret Sr A-M. Guillot

    Une sœur infirmière auparavant aux soins des sourds et muets : la réquisition étant faite, les pensionnaires sourds et muets ont été contraints de retourner dans leurs familles. Malgré la peine des sœurs de devoir arrêter leur mission de soins envers les sourds et muets, une sœur qui s’occupait d’eux est devenue infirmière dans l’hôpital militaire. Cette sœur était Sœur Augustine-Marie (Anne-Marie Guillot). Elle est née le 25 octobre 1875 à Amanlis, entrée dans la Congrégation en 1892, puis elle a prononcé ses vœux perpétuels en 1913.

  2. Sr M-Th. Letourneur

    Une sœur infirmière venue de l’hospice Chaudebœuf : l’hôpital demandait un si grand investissement qu’une sœur a dû interrompre son poste à l’hospice de Chaudebœuf, qu’elle exerçait depuis 1901, pour s’investir dans l’hôpital de Rillé de 1914 à 1918. C’était Sœur Marie Marguerite de Saint-Sacrement (Marie-Thérèse Letourneur). Elle est née le 15 juin 1878 à Laignelet, entrée dans la Congrégation en 1898, puis elle a prononcé ses vœux perpétuels en 1912. Elle fut infirmière major et intendante dans l’hôpital militaire de Rillé.

  3. Livrets des sœurs

    Deux sœurs novices contribuent aux soins infirmiers : la main d’œuvre ne suffisait pas malgré les renforts d’infirmiers civil et religieux dont des prêtres. Ainsi de jeunes sœurs novices ont dû faire une parenthèse dans leurs études religieuses pour s’impliquer davantage dans les soins des malades de l’hôpital de Rillé. C’est le cas de deux sœurs ayant fait leur Première profession à la même date le 1e août 1916, Sœur Marie Jeanne de Saint-Michel (Clotilde Morel) entrée dans la Congrégation en 1913. Elle participe aux ambulances militaires de l’hôpital de Rillé de 1914 à 1915, puis elle est remplacée jusqu’à la fin de la guerre par Sœur Marie André du Sacré Cœur (Agnès Viel) entrée dans la Congrégation en 1913. En faisant ces soins, elles se forment aussi à leur mission apostolique.

  4. Livret Sr A. Bélair

    Départ d’une sœur à l’hospice de Minihic-sur-Rance devenu hôpital militaire : en dehors de l’hôpital complémentaire 29, les sœurs du Christ Rédempteur sont intervenues dans d’autres hôpitaux militaires, comme celui de Minihic-sur-Rance fondé en 1914, où quatre sœurs se sont rendues. Parmi elles, il y a Sœur Marie-Athanase (Angèle Bélair) née le 14 mars 1893 à Dompierre-du-Chemin et entrée dans la Congrégation en 1911. Elle a fait sa première profession le 29 septembre 1914 puis fut envoyée à l’hôpital de Minihic-sur-Rance. Elle reçoit son diplôme de guerre de Dame infirmière de la Croix Rouge Française le 5 juillet 1916.

Cette volonté des sœurs d’agir dans les soins des victimes de guerre renvoie directement à leur œuvre apostolique de soins aux malades. Certaines sœurs se sont vouées très jeunes et dès le début de la guerre à cette mission particulière, pour ainsi répondre aux besoins de leur temps, en cela elles étaient dans la continuité de l’œuvre et de la pensée de leur Père fondateur Jean-Baptiste Le Taillandier, dans ce qu’il nommait les « œuvres de circonstance ». Des évènements extérieurs à leur volonté les ont amenées à se mobiliser dans les hôpitaux militaires de la Première guerre mondiale.

D’après les archives de la Congrégation, en particulier les Annales de 1913 à 1932 et les archives des sœurs décédées.
Angélique Z., archiviste à Rillé-Fougères

En 2014, un article est publié pour le centenaire de la Première guerre mondiale, consultez-le sur cette page : 1914-1918 : un Hôpital militaire à Rillé.

À suivre : la situation des sœurs durant les dernières années de la Première guerre mondiale, notamment leur reconnaissance par l’État et la suite de leur mission apostolique après la guerre.

Livret A-M. Guillot p.2 Livret M-Th. Letourneur Livret A. Bélair
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