Avec l’autorisation d’Alfred, seigneur de Fougères, un groupe de chanoines desservaient la chapelle du château dite de Sainte Marie, depuis l’an 1024. Ils deviennent Congrégation augustinienne en 1063 et décident, en 1143, de bâtir une Abbaye sur la colline du faubourg de Rillé.
En 1628, cette Abbaye est réformée sur la base des règles élaborées par le Père Faure. Celui-ci était aussi coadjuteur de l’abbaye Sainte Geneviève de Paris, d’où le nom de Génovéfains adopté par les religieux réformés. Le Prieur était en même temps recteur de la paroisse de Rillé. L’église abbatiale était à la fois conventuelle et paroissiale. Elle contenait les reliques des martyrs Saint Adrien et Saint Grégoire. Victime de deux incendies, l’Abbaye fut reconstruite en 1750.
A la Révolution, les Religieux - à la suite de Dom Delaunay, prieur - n’acceptent pas de prêter le serment constitutionnel. L’église sert même de refuge à plusieurs prêtres réfractaires qui y célèbrent la messe . Exaspérées, les autorités civiles suppriment la paroisse Sainte Marie de Rillé. L’Abbaye est vidée de son mobilier qui est mis en vente sur la place publique. Dom Delaunay, le 23 juin 1791, refuse d’aller à la procession avec les curés assermentés des paroisses Saint Léonard et de Saint Sulpice de Fougères.
Déclarée bien national, l’Abbaye est vendue le 2 mars 1792 au citoyen Gabriel Desfeux qui n’a pas les moyens de l’entretenir.
Dom Delaunay doit s’éloigner. Il va à Montours. Puis il est arrêté et emprisonné au Mont Saint Michel. En 1793, libéré par les Vendéens, il a l’audace de revenir à Fougères où il célèbre la messe. De nouveau arrêté, il est emprisonné à Rennes, puis exécuté le 3 août, place du Palais.
Le nouveau propriétaire de l’Abbaye de Rillé, Gabriel Desfeux, la démolit pour vendre les pierres qui sont de belle qualité, à la fin de 1797. Ainsi furent rasés l’église, le cloître, et la plus grande partie des bâtiments conventuels.
De cette époque, il n’est resté que la belle tour carrée, le grand escalier de granit, quelques salons et la porte conventuelle située près de la cuisine.
Depuis 1828, Jean-Marie de Lamennais en était devenu le propriétaire. Il pensait y établir un Noviciat. Ce ne fut pas possible. Un autre projet était d’y créer une école pour les enfants des réfugiés polonais, mais cela n’aboutit pas.
Finalement, le 24 octobre 1833, le Père J-B. Le Taillandier rachète les restes de l’Abbaye pour environ 58 000 francs.
Anne Boivent et deux autres sœurs quittent la maison des origines à Laignelet et en prennent alors possession le 26 du même mois.
Les Sœurs du Christ Rédempteur occupent donc les lieux depuis le 26 octobre 1833.
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Sœurs Marie-Régis J., Yvonne G., Marguerite L., Thérèse M., SCR Sources : Archives des Sœurs du Christ Rédempteur, Rillé-Fougères
