L’esprit de sacrifice, selon le Père fondateur J-B. Le Taillandier est « l’esprit principal » de notre congrégation.
Notre fondateur s’appuie sur une parole de Saint Paul, dans la lettre aux Romains, chapitre 12 : « Je vous exhorte, mes frères, par la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : c’est là l’adoration véritable ». Pour nous, Sœurs du Christ Rédempteur, adorer Dieu c’est, comme Jésus, faire de notre vie une offrande à Dieu en redonnant à nos frères leur juste place d’enfants de Dieu (Pauline).
L’esprit de sacrifice consiste à avoir un regard bienveillant pour l’autre ; se sacrifier, c’est renoncer à soi-même, renoncer à soi pour le Christ, Son Évangile, Ses enseignements, Son amour, Son appel. Se sacrifier pour l’autre, c’est lui accorder son temps pour l’écouter, l’aider dans ses besoins matériels comme spirituels. Cela demande l’oubli de soi et un amour vrai envers Dieu et soi-même (Véronique).
L’esprit de sacrifice est un don de soi. C’est accepter les souffrances venant des autres pour qu’elles deviennent source de salut. Les Sœurs du Christ Rédempteur doivent rendre le bien pour le mal, souffrir plutôt que de faire souffrir. C’est agir comme Dieu pour que chaque être humain ait la vie en abondance (Lidie).
Accepter d’être une victime plutôt que d’être un bourreau, rendre le bien pour le mal qui nous a été fait, accepter de souffrir au lieu de faire souffrir, c’est ce que nous recommande « l’esprit de sacrifice » qui est l’esprit principal de la congrégation (Judith).
Cet esprit de sacrifice nécessite un don total de soi pour le bien des autres. Cette vie demande une maîtrise de soi face aux difficultés, c’est à dire ne pas fuir sa responsabilité face aux problèmes. Être une Sœur du Christ Rédempteur, c’est savoir mettre fin au mal, à la violence. Refuser la vengeance mais la remplacer par l’amour. En plus, c’est vivre dans la « mortification » : accepter les limites des autres, accepter les souffrances ou les situations pénibles qui se présentent à nous afin qu’elles aboutissent à quelque chose de constructif. Au fond, c’est vivre de manière à ce que sa vie soit un Evangile d’où jaillissent la vie et l’espérance (Raïssa).
Le charisme de la congrégation des Sœurs du Christ Rédempteur, c’est-à-dire sa grâce propre, est l’esprit de sacrifice, de don de soi pour le salut du monde. C’est accepter les souffrances telles qu’elles se présentent pour qu’elles deviennent source de salut. Autrement dit, c’est accepter les souffrances comme un don divin. Mais cela ne signifie pas qu’il faut chercher la souffrance. Retenons cette phrase de la vie de Anne Boivent : « Elle n’allait pas au-devant de ce qui pouvait la faire souffrir ; elle ne reculait pas, non plus, devant un sacrifice qui se présentait à faire » (Vie de A. Boivent p. 45). L’esprit de sacrifice, c’est porter l’infirmité des autres sans trop se plaindre (Pélagie).
