En 1914, un hôpital militaire (aussi nommé hôpital complémentaire n° 29) est créé au sein de la communauté de Rillé, par la réquisition de plusieurs locaux. De ce fait, les sœurs infirmières de la Congrégation se sont mobilisées pour soigner les blessés de la Première guerre mondiale et ainsi subvenir aux besoins de l’hôpital. Cette contribution est détaillée dans l’article intitulé Mobilisation des sœurs infirmières durant la Première guerre mondiale.
Les sœurs montrent une volonté à toute épreuve durant les dernières années de guerre :
En 1917, les Annales de Rillé témoignent de l’endurance des sœurs : « Des convois de blessés arrivent sans cesse à la Communauté. Les convalescents se retirent pour céder leur place à ces nouvelles victimes. C’est un va et vient continuel. Nos sœurs sont accablées de travail […]. Les religieuses sont occupées non seulement à la salle des pansements et dans les salles des blessés, mais encore à la pharmacie, à la dépense, au vestiaire, dans les bureaux, etc… […]. C’est à se demander comment nos sœurs peuvent fournir une semblable somme de travail. Le bon Dieu leur fait certes des grâces toutes particulières […] ». De plus, en 1918, le nombre de lits augmente - 130 lits de plus qu’en 1914 - soit un total de 270 lits ; donc le personnel de l’hôpital a dû faire face à cette augmentation de convalescents. De façon générale, cette volonté et cette force au travail s’expliquent surtout par la mission apostolique ancrée dans la Congrégation, celle des sœurs infirmières qui œuvrent aux soins et au bien-être des malades.
Fermeture de l’hôpital de Rillé et reconnaissance des sœurs infirmières :
Après l’Armistice le 11 novembre 1918, l’hôpital militaire n’a plus lieu d’être, il est donc fermé le 1er mars 1919. Aussitôt, le travail accompli par les sœurs est reconnu par les autorités militaires qui attribuent des distinctions honorifiques (ordres et médailles), en récompense de leur dévouement quotidien auprès des blessés de guerre. En témoigne les commentaires du livret de la Croix Rouge Française (CRF) de Sœur Marguerite de Saint-Sacrement (Marie-Thérèse Letourneur) : « Modèle d’Infirmière, sans un jour de repos depuis le début de la guerre jour et nuit à l’h[ôpit]al, à [SIC] toujours montré le dévouement le plus grand pour les blessés et les malades, leur prodiguant les soins les plus éclairés » ; « Est restée à son poste d’août 1914 à mars 1919. Proposée pour la médaille de la Reconnaissance française (Bronze). Le Médecin Chef de l’hopi[tal] 29. Mars 1919. Signé [Vignat] et tampon du médecin chef du 10e corps d’armée-hôpital temporaire n°29 Fougères ».
Après la guerre, les sœurs infirmières continuent leur mission :
En 1919, l’Institut des sourds et muets est de nouveau ouvert. Ainsi, Sœur Augustine-Marie (Anne-Marie Guillot) peut reprendre sa mission initiale en faveur de l’éducation et des soins des sourds et muets. Elle se voue à cette mission jusqu’à son décès en 1942. Sœur Marguerite de Saint-Sacrement (Marie-Thérèse Letourneur) reprend sa place à l’Hospice de Chaudebœuf en faveur des soins des malades jusqu’en 1956. De même, Sœur André du Sacré-Cœur (Agnès Viel) devient garde malade ou infirmière à domicile à Saint-Yves de Fougères, puis infirmière dans les communautés du Christ-Rédempteur situées aux Pays-Bas jusqu’en 1945. Enfin, Sœur Marie-Athanase (Angèle Bélair) - envoyée en 1914 à l’hôpital militaire de Minihic-sur-Rance - continue à travailler dans cet hôpital jusqu’en 1982. Cette sœur devient Chevalier de la Légion d’honneur, le 13 juillet 1969.
Selon les Annales, « En agissant avec tant de charité, de zèle et d’abnégation, nos sœurs ne songeaient qu’à accomplir leur devoir et à procurer la gloire du bon Maître. Elles ne comptaient point recevoir de récompense sur cette terre, seule l’espérance du ciel leur donnait le courage dont elles avaient besoin aux heures difficiles ». Au moment où cette guerre éclate, certaines sœurs n’avaient aucun diplôme, voire aucune expérience. Elles se sont formées durant cette période de crise et ensuite elles ont obtenu leurs diplômes par équivalence. Après la guerre, les sœurs continuent leur mission apostolique en apportant les soins médicaux nécessaires aux malades.


