Ayant appris par des amis Thérèse et Jean-François que leur fille Marie était à Manille pour 2 ans avec Pierre, son mari, je me suis mise en relation avec eux.
Qu’est-ce qui vous a motivés pour entreprendre cette aventure ?
Nous avions envie de vivre une expérience de vie inoubliable, partir à la rencontre de l’autre et donner de notre temps pendant un an. C’est ce qui nous a décidés pour nous lancer dans ce projet avec les MEP qui choisissent pour nous une mission.
Nous avons donc été missionnés comme Responsable Informatique et Responsable Comptabilité pour la fondation Tulay ng Kabataan (TNK), aux Philippines, qui s’occupe de recueillir les enfants vivant dans les rues de Manille. Chaque semaine, nous faisons une nuit de maraude pour aller à la rencontre de ces enfants, victimes de violences, de drogue ou totalement délaissés, qui ont rompu le lien avec leurs familles.
Par quoi avez-vous été frappés, en arrivant ?
Nous avons été impressionnés par l’immensité de la ville (plus de 20 millions d’habitants) et la pauvreté régnant dans chaque recoin : des gens trient les poubelles, dorment devant des devantures de magasins, se lavent dans l’eau de la rivière extrêmement polluée, mendient devant un fastfood espérant manger un peu de riz ou une cuisse de poulet. Parmi les enfants pauvres, existent plusieurs “catégories” : ceux qui vivent en famille et ont un petit habitat de fortune par exemple dans un bidonville ; ceux qui vivent en famille dans la rue, car ils n’ont pas ou plus d’habitat ; et ceux qui n’ont plus de famille : ils sont confrontés à la mendicité, au vol ou à la prostitution.
Qu’est-ce qui vous habite aujourd’hui ?
Chaque situation des enfants que nous accueillons est différente, mais nous nous rappelons avoir été très touchés par un enfant de 8 ans, vendu par son père à un inconnu qui, après 2 ans, l’a abandonné, car pas le sien. Lors d’une maraude, nous avons récupéré ce garçon abandonné 2 fois donc.
Tous les jours, nous voyons les enfants évoluer au sein de la fondation et sommes toujours très marqués par leur joie de vivre et leur capacité à rebondir, malgré les difficultés.
Cette expérience nous marquera pour la vie et nous n’avons aucun regret d’être partis à la rencontre des Philippins, ce peuple très différent et qui pourtant vit sur la même planète que nous.
Merci, Marie et Pierre pour votre témoignage !



