Ce qu’est une parabole

La liturgie des 3 derniers dimanches de Juillet nous donnent à méditer 7 paraboles. Mais d’abord, qu’est-ce qu’une parabole ?

C’est un récit tiré de la vie quotidienne, mais qui n’a rien d’une comparaison « gentille ». Ce n’est pas une petite histoire inventée par Jésus pour que les auditeurs comprennent mieux, comme un exemple dit « concret » viendrait illustrer le discours abstrait.

Ses caractéristiques :

a) Le point de vue de Jésus : faire choc, dérouter, conduire ailleurs.

D’après le mot utilisé « parabolê », la signification peut être : jeter, confier, exposer, hasarder, mettre à côté de, comparer. La parabole crée un choc de langage, la parabole dé-route, elle fait bouger les lignes.

Elle se signale comme un discours dont la portée dépasse le sens immédiatement saisissable. Par excellence, la parabole est un langage qui dit plus qu’il ne dit. Elle suggère au-delà d’elle, une vérité qui est mystère.

Parabole du bon grain et de l’ivraie

On comprend que la parabole du semeur vise autre chose qu’un cours d’agriculture palestinienne, que le sens à chercher réside dans la tension entre la série d’échecs et la fabuleuse réussite du grain semé. Mais quelle réalité ce contraste donne-t-il à voir ? La clef n’est pas fournie. Par contre à la sortie du texte, le lecteur est mis en alerte : « Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende » Mt 13,9 .

b) La parabole : un discours caché, bien adapté à la communication religieuse.

La parabole relève d’un paradoxe. Son sens 1er ne fait pas de problème, du moins pour un auditeur du 1er siècle : c’est sa vie de tous les jours ! Mais qu’y a-t-il à entendre par-delà ? La parabole pousse à chercher et la quête de sens à laquelle elle invite peut revêtir un enjeu ultime pour celui qui s’y lance. Deviner ou mourir. Ainsi Nabuchodonosor sommant les sages de deviner son songe sous peine de mort (Dan.2).

Parabole du Fils prodigue

La parabole est plus qu’un petit moyen pédagogique pour faire comprendre une doctrine, car elle-même, elle est lourde d’un mystère qu’il faut chercher. Elle intrigue, elle engage à se détourner de la lettre pour gagner un ailleurs qu’elle ne fait qu’indiquer. La parabole est très utilisée dans le domaine du langage religieux, du fait qu’elle invite l’interlocuteur à une démarche d’interrogation personnelle, puisque son langage imagé révèle et voile en même temps le message.

La parabole est une façon indirecte de dire Dieu, en vue d’interpeller l’homme.

Sr Gabrielle H., SCR

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