Une page se tourne pour la Communauté Beaujardin

C’est avec émotion qu’en cette fin de juin 2024 les 3 Sœurs du Christ Rédempteur de la communauté 109 rue Georges Renard à Tours ont fait leurs adieux à leurs amis de la paroisse et du quartier de Beaujardin.

Depuis 1983, seize religieuses se sont succédé dans ce quartier, côtoyant la vie de ses habitants, saluant l’un, faisant conversation avec l’autre, et bien sûr fréquentant cette église de la Sainte Famille.
Mais aujourd’hui, une page se tourne avec la fermeture de cette communauté. Écoutons Yvonne, Solange, Marie-Thé - les 3 dernières sœurs - s’exprimer sur leur vécu à Tours :

Yvonne

Yvonne :
La paroisse m’avait donné pour mission de porter la communion aux personnes isolées ne pouvant plus venir à l’église. Avec quel désir, quel respect, quelle foi elles attendaient ce moment. J’avais envie de leur dire cette parole de Jésus : « Femme, grande est ta foi » et « Ta foi t’a sauvée ».
Sur le plan diocésain, plusieurs années dans le service du catéchuménat, c’est-à-dire l’accompagnement des adultes vers le baptême, ont été pour moi un émerveillement de l’action de Dieu en chaque personne.
Je n’oublie pas les 14 années de « Lectio divina » - partage de la Parole de Dieu dans nos vies - avec une dizaine d’adultes. Je les remercie de m’avoir stimulée dans ma vie de foi et pour toute l’amitié partagée.
Ce qui m’a fait vivre également, à mon arrivée ici : ces 6 années à parcourir les couloirs de l’Hôpital Trousseau pour proposer de la lecture aux malades et les années d’accueil à la maison diocésaine.
Par-dessus tout, et ce sera ma conclusion, ces années de fraternité toutes les trois au 109 de la rue Georges Renard, dans ce quartier de Beaujardin.

Solange

Solange :
Ce soir, je voudrais vous dire merci, à vous paroissiens de la Sainte Famille, et aussi à vous gens du quartier avec qui nous avons créé des liens. L’un de vous m’a dit un jour, en parlant de la communauté : « De vous savoir là, ça me fait du bien ». Mais cela a été réciproque. Les petits mots sympas, les sourires, les gestes amicaux, les services rendus nous ont bien aidées aussi.

Mes engagements au Secours Catholique, à l’accueil des femmes à la rue, à l’équipe des obsèques, au service évangélique des malades m’ont rendue plus proche des personnes en difficulté de logement, de santé, de détresse dans la solitude. J’y ai vu l’importance pour eux d’être reconnus, écoutés, aimés.

Oui, merci à tous les paroissiens de la Sainte Famille avec qui j’aimais participer aux célébrations du samedi soir, mais aussi venir prier seule : je vous emporte dans mon cœur et continuerai de prier pour vous tous.

Avec le psalmiste, malgré les temps difficiles pour beaucoup, j’ai envie de dire :
Rendez grâces au Seigneur car il est bon, éternel est son amour !

Marie-Thé

Marie-Thé :
Depuis 17 ans, je suis bénévole dans une maison d’accueil des familles de détenus. Dans ce lieu appelé « la Petite Maison », situé juste en face de la Maison d’arrêt de Tours, les familles qui le désirent peuvent venir attendre l’heure de la visite de leur proche autour d’un café ou d’une boisson. Deux bénévoles chaque après-midi sont là pour les accueillir avec bienveillance et sans jugement… Ma mission : les écouter, les informer sur les démarches à faire, les réconforter. Je suis souvent admirative de la fidélité et du courage de ces femmes qui viennent régulièrement et de loin parfois pour visiter leur conjoint ou leur fils afin de maintenir le lien familial.

Pendant 7 ans, j’ai assuré avec un couple - Bob et Marie-Agnès - et ensuite avec Marie-Flore la préparation au baptême des petits enfants. J’ai apprécié le travail en équipe : leur foi a conforté la mienne. Dans un dialogue fait de respect et de confiance avec les parents, je m’intéressais à leur vie : leurs enfants, leurs joies, leurs difficultés. En expliquant les rites du baptême : le signe de croix, l’eau, la lumière, j’avais à cœur de leur présenter notre Dieu comme un Dieu d’amour, qui nous accompagne dans toute notre vie.

Un départ qui met un terme à une vie de fraternité et d’amitié avec tous. Qui bouleverse évidemment… Mais, à la suite de Jésus, ne sommes-nous pas ce grain de blé qui meurt pour revivre ?

Sœurs Yvonne D., Solange B., Marie-Thé R., SCR, TOURS

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