Je vous partage mon passage de la mission de formation religieuse au Burkina à une mission dans un EHPAD à Rillé. Dans ces deux missions, le service se fait auprès des personnes qui portent leurs atouts et leurs fragilités. Cela exige humilité, disponibilité, écoute, délicatesse et patience.
Au postulat, au début lorsque les postulantes arrivent, il faut déformer puis former. Cela demande rigueur, tact et autorité. La postulante est, en réalité, actrice de sa formation. La formatrice est plutôt celle qui accompagne, éclaire, guide, éduque et enseigne. Elle est une aide dans le cheminement de la jeune.
A l’EHPAD, j’ai compris qu’il faut une grande disponibilité et présence, une capacité de patience, empathie, écoute, compréhension et attention. Nous vivons un service auprès des personnes âgées qui ont vécu de belles ou difficiles histoires… Et le service ici est de les aimer.
L’EHPAD de Béthanie à Rillé est très accueillant. Les lieux et les personnes sont bien propres. Je trouve que les résidents et le personnel rayonnent de vie. Il y a un grand respect des personnes et de leur dignité. “La justice de Dieu” y est vécue dans le sens où chacune (la congrégation), chacun (l’administration et le personnel) essaie à sa façon de “restaurer l’homme dans sa dignité d’enfant de Dieu”. Aussi, je découvre avec joie que les résidents, au-delà de leurs fragilités et handicaps, ont une grâce intérieure riche et profonde qui séduit, force le respect et l’admiration.
J’entends facilement dire que les personnes âgées sont comme des enfants. Cela peut être vrai pour l’esprit et les traits de l’enfance.
Cependant, je perçois chez les enfants cet espoir que, malgré leur insouciance et leur inconscience, ils vont croître, devenir adultes et autonomes. Le progrès et l’effort chez l’enfant sont visibles et mesurables.
La personne âgée est plus dans la régression, et, même lorsqu’elle montre des efforts, cela se présente en dents de scie. Ce qui montre bien notre finitude en tant qu’humain. Il nous faut accueillir, accepter cette régression et accompagner la personne âgée avec cette réalité. Dans ma culture, on apprend toujours auprès de la personne âgée. La plupart d’entre elles ont une vie intérieure assez profonde, riche en grâce et expérience. Leur vie est une école pour nous. Ce qui impose le respect.
Les résidents de Béthanie, surtout nos sœurs aînées, je les aime bien et ils me le rendent bien. Merci à vous chers aînés de la vie !



