Accroché à ma « crèche », j’attends le Messie

« L’Esprit du Seigneur m’a envoyé annoncer aux captifs leur libération, aux aveugles qu’ils verront ». Cette promesse ne se réalise-t-elle pas avec la venue du Messie ? Témoignage d’espérance du Frère Bernard.

Pouvons-nous imaginer un instant ce que certains de nos frères et sœurs attendent du Messie qui va naître ? Je ne parle pas de ces esprits qui savent créer des problèmes, de ceux qui sont comblés au point d’oublier les nécessiteux, je pense ici à ceux-là qui savent vivre dans l’Espérance.

N’ayant pas d’autre choix que d’espérer, certains espèrent aveuglément mais fermement. Beaucoup d’entre nous avons déjà fait un tour dans une prison, pas nécessairement en tant que détenu (l’expérience ne serait pas la même), mais pour une visite. Nous savons aussi ce qui se passe dans les centres de santé, que nous soyons nous-mêmes malades ou non. Sommes-nous parvenu à nous poser la question de savoir ce que détenus et malades ressentent, quel est leur souhait le plus ardent ?

Et avec la venue de Jésus, sont-ils en droit d’espérer leur libération, d’attendre une guérison même de façon miraculeuse ?

Lorsque je me rends à la prison pour la pastorale (la catéchèse, l’écoute et la participation à la célébration eucharistique,) je suis émerveillé de voir mes frères détenus en joie comme s’ils n’avaient aucun problème. Je ne m’attendais pas à voir des hommes en détention capables d’une telle ouverture et autant de simplicité. C’est cela que je me permets de nommer une espérance effective, qui est contraire à une espérance qui papillonne. J’ai rencontré des hommes qui savent trouver la joie de l’Espérance, qui savent reconnaître Dieu présent, même dans leur situation de prisonniers ou de malades.

Et nous, qu’attendons-nous personnellement du Messie qui va naître ? Qu’attendent les hommes, les femmes, les jeunes autour de nous ? La liberté, la santé, la bonne marche de leurs affaires, la grâce de l’enfantement, chacun avec son espérance particulière, chacun accroché à sa “crèche” personnelle, oubliant souvent Bethléem.

Si, comme le dit le Père Emmanuel d’Alzon « L’espérance nous montre Dieu comme le terme de nos efforts », il est temps que nous prenions conscience de l’urgence de la solidarité avec les plus nécessiteux. Nous pourrons ainsi participer au sourire du prochain, c’est une manière de construire notre “crèche” personnelle en avançant ensemble dans la communion, la fraternité et en poursuivant la mission du Christ qui vient pour nous sauver.

Bernard Koffi Aboudou, religieux Assomptionniste

Recueilli par Sr Rolande Kabré

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