Dans la joie, allons à la Maison du Seigneur !

Le 1er dimanche de l’Avent, nous chantons le psaume 121 (122) : 1 des 15 psaumes des montées, considérés comme la perle du psautier.

Vraisemblablement, ces psaumes étaient chantés par les Israélites « montant » à Jérusalem pour les grandes fêtes.

Arrêtons-nous à quelques versets de ce psaume : au terme de sa route, le chercheur de paix arrive au terme de sa quête, en vue de Jérusalem, la Ville-Paix, et dans la joie il se recueille pour la contempler avant de lui adresser ses salutations et ses souhaits de bonheur.

Le poète rapproche dans un admirable raccourci les deux moments extrêmes du pèlerinage, ceux de la joie la plus intense : le départ et l’arrivée.

  • Le premier moment est auditif : « quand on m’a dit ». La joie a commencé lorsque d’autres frères sont venus l’inviter à partir avec eux. A la joie de monter, s’ajoute la joie de monter ensemble. A celle d’apprendre une telle nouvelle, s’ajoute celle de l’apprendre de la bouche des frères.
Te voici dans tes murs
  • Le deuxième moment est visuel : « Jérusalem, te voici dans tes murs » : Ce moment de l’arrêt est celui de l’éblouissement de voir que la réalité coïncide avec nos rêves.

Le psalmiste démarre à la 1re personne du singulier et le premier verbe impose son ton joyeux à cette section et à tout le poème : « Quelle joie quand on m’a dit ». Mais la démarche s’achève à la 1re personne du pluriel : « nos pieds s’arrêtent ». Cet aspect collectif est un élément constitutif de la joie du pèlerin : « Ville où tout ensemble ne fait qu’un ».

Jérusalem, te voici dans tes murs : on en parle plus comme d’une personne que comme d’une ville. Elle est vivante. La présence de Dieu dans sa maison transmue tout, anime ses pierres, transfigure ses constructions. Un Juif n’aime pas Jérusalem comme un Français aime Paris, ni même un catholique aime Rome. Il s’agit d’un autre amour, bien plus vaste, bien plus profond, avec tout ce que cela peut comporter de beauté.

Derrière Jérusalem, on verra l’Église, fiancée resplendissante de l’Agneau, Mère de tous les hommes, appelée à les accueillir tous.

Gabrielle H., SCR, Liffré

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