Quand Jésus priait…

Le temps liturgique post-pascal nous propose des textes sur la Résurrection. Mais juste après l’Ascension, il place une partie de la grande prière de Jésus avant la Passion. Arrêtons-nous sur les premiers versets de ce texte (Jn 17, 1b-11a)

Dans cette prière, Jésus nous dévoile son être, son être-pour, son être-avec. Il commence ainsi : « Père, l’heure est venue ». A Cana, il avait répondu à Marie : « Mon heure n’est pas encore venue ». Mais maintenant, c’est l’heure. N’a-t-il pas dit sur la Croix : « Tout est accompli ».

C’est l’heure de la glorification, comme un sommet après un long parcours. « Glorifie ton Fils afin que ton Fils te glorifie ». Cette glorification, il ne la revendique pas. Elle est reçue, donnée, échangée dans un réciprocité totale entre le Père et le Fils. Réciprocité qui nous dit « l’unité du Père et du Fils dans une intimité de tous les instants : « Tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi ».

Jésus, dans son « être Dieu », est un être « pour-Dieu » et il le manifeste dans sa vie entière. Sa mission : donner la vie éternelle à tous ceux que Dieu lui a donnés. Et il continue : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Et il ajoute : « J’ai manifesté ton nom ».
Faire connaître Dieu, c’est ce que les discours et les actes de Jésus nous révèlent. Certes, dans l’Ancien Testament, les prophètes ont manifesté la tendresse de Dieu, sa miséricorde pour son peuple, malgré ses fautes et son éloignement. Mais ce Dieu-là est souvent oublié devant les lois. Les catégorisations entre les Juifs pieux et ceux qui - par leur appartenance sociale - étaient désignés comme pécheurs sont battues en brèche par Jésus qui rappelle la manière du seul vrai Dieu : « Il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit… ».

Dans cette prière aussi Jésus prie pour nous :

« Les paroles que tu m’as données, je les leur ai données et ils ont gardé ta parole et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi ». Ne sommes-nous pas tous inclus dans cette prière dans nos actes de foi, de reconnaissance, d’amour, d’unité ? Que soit exaucée cette dernière supplication : "Père saint, garde-les dans ton amour que tu m’as donné,
pour qu’ils soient un comme nous".

Sr Bernadette D., SCR, Fougères

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