Vie de lumière de Takashi Nagai après la bombe de Nagasaki

Invitée par la paroisse de Liffré, Anaïs nous a témoigné avec passion de sa découverte de Takashi Nagai. Celui-ci aurait pu sombrer après ce 9 Août 1945 où il perdit tout ce qui lui était cher, notamment son épouse Midori qui l’avait conduit à la foi !

Retournant chez lui, il ne retrouve que des cendres de tous les efforts d’une vie entière : « Pour quoi ai-je vécu jusqu’à aujourd’hui ? Et pour quoi vivrai-je désormais ? » Il s’agenouille, rassemble les os de Midori et prie en sanglotant. Apercevant les restes d’un chapelet dans sa main, il rend grâce qu’elle soit morte en priant. Dans le silence du lendemain matin, une voix puissante lui murmura : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ». C’était la voix de Jésus.

Nagai perçoit très vite que le don de leurs vies était un sacrifice pour le monde entier : une décision impériale met fin à la guerre, le 15 Août 1945.

L’évêque de Nagasaki annonce une messe pour les défunts le 23 novembre et demande à Nagai de prendre la parole. Celui-ci s’exprime ainsi : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que soit béni le nom du Seigneur. Soyons reconnaissants que Nagasaki ait été choisie pour ce sacrifice par lequel paix et liberté ont été rendues au monde ».

Quelle audace d’associer le sacrifice du Christ à celui de son peuple, mystérieusement choisi pour que règne la paix ! Sa façon de voir l’amour de Dieu, même dans l’horreur du 9 août, eut un effet profond sur les chrétiens, mais aussi sur le Japon tout entier.

Takashi dans son cabanon (éditions Chora)

Animé d’une force nouvelle, il revient bâtir sur les cendres une petite cabane qu’il appellera le Nyokodo, le lieu de l’amour à soi, où il vivra la fin de ses jours, consacrant son temps à recevoir de nombreux visiteurs, répondre à une foule de lettres, s’occuper de l’éducation de ses enfants, écrire 18 livres sur sa vie et ses découvertes spirituelles : fécondité extraordinaire !

Consentant totalement à sa vie de malade, il fut habité par une force étonnante. Il a regardé dans l’abîme, mais a refusé de désespérer : “Si vous n’avez pas regardé la mort dans les yeux et senti son souffle chaud, vous ne pouvez pas aider un autre à se relever d’entre les morts et à goûter à nouveau la joie d’être en vie”.

Il avait demandé qu’on écrive sur sa tombe : « Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons seulement fait ce que nous devions faire » (Lc 17,10 ). Il s’éteint le 1er mai 1951 ; plus de 20 000 personnes participeront à ses funérailles.

Voir : "Comment Anaïs s’est intéressée au saint de Nagasaki"

Recueilli près d’Anaïs, par Sr Gabrielle H., SCR, Liffré

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