Prenons le texte de Mathieu 3, 16 :
Ayant été baptisé, Jésus aussitôt remonta de l’eau ; et les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit-Saint descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venue du ciel disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur ».
Les cieux se déchirent, l’Esprit comme une colombe descend sur lui, une voix vient du ciel. Autant de signes épiphaniques qui préparent Jésus - et nous préparent - à cette révélation : « Celui-ci est mon fils bien-aimé qui a toute ma faveur ». Jésus reçoit l’affirmation-confirmation de son origine et de son identité, qu’il avait déjà pu lire dans le psaume 2,7 : « J’énoncerai le décret de Yahvé : tu es mon fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré » et qui prend corps dans le présent de Jésus. L’aujourd’hui du psaume, c’est le maintenant de Jésus.
Baptisé dans l’eau et l’esprit, Jésus est conduit au désert par l’Esprit-Saint pour une mise à l’épreuve par Satan qui va vérifier ce qu’il en est de cette identité. Comme au jardin d’Éden, les tentations veulent introduire un doute : « Dieu a dit que… ? », « Si tu es Fils de Dieu… » Mais Jésus écarte toute discussion en s’appuyant sur l’Écriture. Il démasque son agresseur en le nommant : « Retire-toi, Satan ». Baptême de feu qui va se répéter jusqu’à sa mort : « Si tu es fils de Dieu, descends de la croix ».
L’Évangile de Matthieu se termine comme il a commencé. L’Église naissante reçoit un ultime commandement : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit ». Mat 28,19.
Par le bon plaisir de Dieu, en Jésus le premier d’une multitude de frères, nous sommes ses enfants, appelés à vivre à l’ombre de son amour paternel qui n’exclut personne et qui connaît le moyen de rejoindre chacun comme il est, là où il est.
Dieu n’est pas seulement "avant" nous, comme notre créateur. Il est "en avant" de nous et nous « aimante », nous attirant à lui.
Quels sont nos sentiments envers Dieu ?
Des sentiments de créatures infiniment reconnaissantes d’exister
ou des sentiments de fils donnés à la liberté de vivre dans l’amour ?
