Carine, sa femme, sous-officier pendant 30 ans, a dû interrompre son activité par périodes, afin d’élever ses enfants et gérer les nombreuses absences de son mari. En 2023, elle a quitté l’institution et a passé un CAP de couturière. Au quotidien, elle aide Jean-François dans l’accompagnement des blessés.
L’association Ad Augusta, (branche des "Gueules Cassées) accompagne des hommes et des femmes blessés alors qu’ils étaient au service de la Nation. Dans un 1er temps, Jean-François y a été reçu comme stagiaire (2014), en tant que blessé ; et y a œuvré pendant 10 ans. Le but de cette association est d’accompagner les blessés militaires vers la reconstruction pour pouvoir vivre sa vie au quotidien, malgré cette blessure qui est très souvent un traumatisme psychique. En plus des difficultés à reprendre une vie « normale », suite aux épreuves il y a parfois des questionnements sur le sens de la mission.
Même si la reconstruction, pour beaucoup, passe par le sport et les arts, pour les plus jeunes la reconstruction a pour objectif de retrouver un travail. Curieusement, ils choisissent souvent des métiers où ils sont seuls, comme paysagiste, menuisier etc.
Ad Augusta devient pour eux comme une famille. Ça les aide à se lever le matin pour faire quelque chose.
Depuis 2012, Jean-François est adhérent des « Gueules Cassées » dont la devise est “Sourire quand même” et a été élu vice-président en 2025. Il continue sa mission auprès des blessés sept jours sur sept.
Un exemple vécu : en pleine nuit, il reçoit un coup de téléphone qui va durer 2 heures. Un camarade, souffrant lui aussi d’un SPT (Syndrome Post Traumatique), venait d’apprendre le suicide de son binôme. Comment ne plus vivre avec ce film de la guerre vécue qui tourne en boucle dans son esprit ?
Il faut savoir qu’il y a beaucoup de morts par suicide, pour ne plus souffrir, ne plus vivre avec cette image des combats, se répéter : « Tout ça pour rien ! »
Mais mieux vaut ne pas entrer dans ces associations d’aide aux blessés comme bénévole si on attend des mercis. Être discret et travailler dans l’ombre… Cette méthodologie de suivi et de reconstruction est à ce jour confortée par des résultats concrets et récurrents, comme le montre le livre : Le colonel Picot et les Gueules Cassées !
