Ce dimanche 8 Mars, la liturgie propose à notre méditation la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (Jean 4, 5-42).
Le récit nous montre le Fils de Dieu, fatigué et assoiffé, quémandant un peu d’eau auprès d’une femme, samaritaine de surcroît. Tout fils de Dieu qu’il est, il a soif, comme nous ; et il demande de l’aide.
Surprise de la femme qui s’affronte à Jésus et cherche à comprendre qui est véritablement cet homme. Mais son obstination est à la mesure de sa quête de vérité. Aussi, tout en s’ouvrant progressivement à la Parole de Celui qui la bouscule dans ses convictions, reconnaîtra-t-elle la vérité de sa vie affective tumultueuse et deviendra-t-elle missionnaire de ses compatriotes : « Venez voir un homme qui m’a dit ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »
Au fond, même si l’on va de malentendu en malentendu, tout respire la vérité dans cette rencontre. Mais le secret de cette vérité semble tenir à l’étonnante attitude de Jésus qui commence par reconnaître sa propre faiblesse et se fait humble devant celle à qui il demande à boire. Etonnée, la Samaritaine peut alors s’ouvrir à la Vérité de Celui qui lui permet de dire la soif profonde qui l’habite. Pourtant le comportement de Jésus n’a rien d’une savante technique commerciale. Il incarne, au contraire, l’attitude d’un Dieu qui se fait mendiant d’amour.
Cet épisode peut éclairer notre manière de nous situer face à Dieu ou face à ceux que nous rencontrons quotidiennement. Comment s’habituer, en effet, à cette bouleversante manière dont Jésus évangélise ceux qu’il rencontre : en se faisant petit, en commençant par leur dire qu’Il a besoin d’eux, qu’Il a soif. Requête qu’il refera sur la croix : J’ai soif !
Aujourd’hui, auprès des puits modernes, des hommes et des femmes ont soif de sens, d’amour, de dignité.
En témoins véritables de Celui qui peut épancher toute soif, osons leur dire que notre Dieu se donne à rencontrer de façon infiniment humble et que, comme la Samaritaine, Il laisse résonner dans le cœur de chacun cette requête de toujours : « Donne-moi à boire. »
