J’appréhendais, mais j’étais impatiente… Je terminais mon travail le vendredi et je partais dès le lundi.
Les trois premiers jours n’ont pas été faciles, le corps doit s’habituer. Et puis, après Pont-Réan, j’étais vraiment rentrée dans “mon chemin”, ce chemin qui attire et qui nourrit.
Après une nuit chez mon fils, j’ai enchaîné avec le camping de Bourg-des-Comptes et surtout “Le petit Logis” chez Annick et Alain à Saint Malo-de-Phily : quel accueil ! Merveilleux dîner, une nuit au calme, une rencontre authentique.
Puis marche presque espagnole (d’après les “on dit” !), le soleil qui chauffe et me déshydrate… Après 24 kilomètres sous ce “cagnard”, je m’arrête chez l’éclusier pour remplir ma gourde. Cette marche permet de prendre le temps, le temps d’observer un papillon poursuivant une libellule, de s’extasier devant les premières fleurs de bruyère, de remercier le Très-Haut pour tous ces petits bonheurs. J’ai appris à écouter un bourdon qui semble moins perturbé que moi par le passage du TGV.
Voici un cimetière pour me rafraîchir… Encore quelques centaines de mètres jusqu’au « Café des Tilleuls » de Langon, où je goûte enfin la fraîcheur de l’eau et la chaleur de l’accueil. J’assiste à la messe, célébrée par le Père Thibault, puis je ne fais RIEN !!! Repos, car ces kilomètres et la chaleur m’ont épuisée.
Le lendemain, 14 juillet, je repars allègrement vers Guémené-Penfao, avec cette nourriture du rythme de la marche et des pauses pour observer la nature, les animaux, partager quelques mots avec les pêcheurs. Je prends le temps d’observer les travaux titanesques que l’on entreprend pour sauvegarder notre patrimoine après les dégâts causés par les inondations.
Alors qu’il tombe des cordes, une conductrice a pitié de moi. Charmante était la maison de Joëlle, au bord du Don. Comme elle dit : « Le pèlerin remercie, le touriste exige ».
Je repars vers le Gâvre où Jacky m’accueille dans son havre de paix. Ancien capitaine au long cours, Jacky est un cordon bleu hors pair qui a appris avec les cuisiniers, à bord de ses divers bateaux. Son livre d’or regorge de propos élogieux !
Mais mon corps fatigue et surtout mon dos. Alors, c’est décidé, je vais m’arrêter à Blain pour cette première étape.
Mais je n’ai qu’une espérance : vite repartir !!!




